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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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HISTOIRE

fois, dès notre avènement à la couronne, pratiqué les maximes d’une politique moinsrigoureuse, puisque nos peuples, en général, ont ressenti les effets de nos grâces dansla confirmation de leurs privilèges, avant, qu’ils eussent presque fait la demande, et queles particuliers se sont insensiblement vus élevés au point d’une quiétude qu’ils n’osaientauparavant espérer. La nécessité des intelligences honnêtes de quelques négociants, lesadresses de quelques personnes attachées à la curiosité des mécaniques, et les ouvragesingénieusement faits de quelques artisans, nous ont obligé de les exempter de nos lettresde maîtrise, concédées soit en faveur de mariage, de naissance d’enfants de France ,d’entrée en nos villes, ou pour autres considérations importantes à notre État;mais, parce que l’expérience nous a fait connaître, depuis notre heureux retouren notre bonne ville de Paris , est infiniment au-dessus de ceux que nous avonsbien voulu gratifier, que par l’application d’un mouvement inconnu il fait découvrirles degrés du soleil, le cours de la lune, les effets des astres, la disposition desmoments, des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines, desmois et des années, les productions des métaux, les qualités des minéraux, et quetoutes les sciences contribuent unanimement au succès favorable de ces objets; que lecoup d’une Horloge , adroitement disposé, préserve la personne d’un malade des atta-ques funestes de ses douleurs, quand le remède lui est proportionnellement donné àl’heure prescrite par le médecin; qu’une bataille se trouve ordinairement au point desa gloire par le secours d’un juste réveille-matin; et que l’invention de la montre doiteffectivement passer pour le principal mobile du repos, de la douceur et de la tran-quillité des hommes. Nous estimons aussi qu’il est bien raisonnable d’empêcher quedorénavant nuis ne se puissent faire admettre audit art que ceux qui auront été réduitssous la discipline d’un apprentissage, d’un chef-d’œuvre conditionné et d’une expériencejudicieusement imposée, puisque même les maîtres jusqu’à présent reçus en notre diteville se sont rendus si habiles que leur industrie surpasse de beaucoup celles des étran-gers, tant en la beauté de leurs ouvrages qu’en la bonté qu’ils se sont particulièrementétudiés d’y garder, dont nous tirons un avantage de si grande conséquence, que les plusconsidérables de notre Cour, les marchands et tous nos peuples ont perdu le désir d’enchercher ailleurs, et que par ce moyen le transport de nos monnaies ne se fait plusmaintenant dans les pays éloignés, comme il se faisait ci-devant. C’est pourquoi lesmaîtres horlogers de notre dite ville, faubourgs et banlieux de Paris , nous ayant pré-senté requête en notre conseil à ce qu’il nous plût leur octroyer nos lettres nécessairespour en leur faveur interdire lesdites lettres de maîtrise : nous, avant leur faire droit,l’aurions, par arrêt du 21 novembre 1651, renvoyé au prévôt de Paris , ou son lieute-nant-civil , afin de nous donner son avis sur les conclusions d’icelle, qu’il aurait délivréle 3 décembre en suivant, tel que nous pouvions le désirer, pour leur concéder nosditeslettres avec plus grande connaissance de cause. A ces causes, et pour plus étroitementobliger lesdits maîtres horlogers, en la continuation de leurs premières adresses, d’ex-celler en leur art, d’en pousser les avantages à un tel point, que les étrangers se voient