Buch 
Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
Entstehung
Seite
94
JPEG-Download
 

94

HISTOIRE

rable, mais beaucoup moins encore que ce que je vais vous dire. Au côté droit de l’Hor-loge , il y a un autre cadran pour les heures et les minutes, dont la forme étant tout àfait ovale, il faut que l’aiguille qui indique s’allonge et s’accourcisse de cinq pouces àchaque bout, et cela deux fois par heure : ce qui jette dans l’admiration tous ceux quise donnent la peine d’examiner son mouvement.

» Je n’entrerai pas dans un plus grand détail, parce que insensiblement la descriptionde cette Horloge nous mènerait trop loin ; ce que je viens de dire suffit pour faire voirde combien elle l’emporte sur celle de Strasbourg . On verra par l’estampe que l’Horlogede Saint-Jean de Lyon a été refaite par un nommé Guillaume Nourrisson, qui depuis aété horloger de son altesse électorale de Brandebourg à Berlin , où il s’était retiré pourla religion. Ce fut en l’année 1660 qu’elle fut achevée et mise à sa place par l’ordre duchapitre qui l’a fait faire. Il est pourtant certain que ce n’est pas Nourrisson qui en aété le premier inventeur; il n’a fait que travailler sur l’ouvrage d’un autre; il l’a seule-ment enrichi de quelques nouveaux mouvements.

» Il y a bien longtemps que l’Horloge de Lyon est en réputation, et même plus decinquante ans avant la naissance de Guillaume Nourrisson. Ce fut un mathématicien quivivait dans l’autre siècle, nommé Lyppyus, de Bâle en Suisse , qui l’avait faite et inven-tée. » (Voy. la gravure.)

Cette Horloge donna lieu à une fable à peu près semblable à celle qu’a produite Roccaau sujet de l’Horloge de Strasbourg . Le peuple avait la ferme croyance que Lyppyusfut mis à mort après avoir achevé son chef-d’œuvre. Cette tradition s’est maintenuejusqu’à notre dix-neuvième siècle; et il n’est pas rare d’entendre encore aujourd’hui,à Lyon , d’ignorantes vieilles femmes ou d’infimes ciceroni affirmer l’authenticité de cetinqualifiable assassinat. Nous ne chercherons pas à prouver l’absurdité d’une tellefable : nos lecteurs savent bien que, même au seizième siècle, on ne tuait pas les genspour crime de chef-d’œuvre. Si, vers la même époque, l’horloger Clavelé fut brûlé vif,ce n’est pas parce qu’il avait fabriqué la première Horloge en bois : on s’est plu à enfaire un sorcier, uniquement parce qu’il était calviniste. Quant à Lyppyus, bien loin dele faire mourir injustement, on le combla d’honneurs ; la ville lui fit une pension con-sidérable dont il jouit jusqu’à sa mort. Son portrait se vendait publiquement, commeceux des rois et des princes. Au bas de cette image du savant auteur de l’Horloge deLyon , on lisait cette inscription : Nicolaus Lypius Basiluus Ælat. 32. A 1598.

A toutes les Horloges remarquables déjà citées, il faut ajouter celles de Saint-Lam-bert de Liège, de Nuremberg, d’Augsbourg, de Bâle, et enfin celle de Médina-del-Campo .

L’époque de Louis XIII fut le dernier reflet de la renaissance des arts en Europe . Ladécadence se faisait pressentir en Allemagne, en France et en Italie . (Nous parlons làde l’art proprement dit, mais non pas de l’art mécanique.) L’Angleterre seule, quoiqueprofondément ébranlée par de grands événements politiques et par la chute d’une têteroyale, n’en continua pas moins à produire des pièces d’Horlogerie comparables, sous