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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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104 HISTOIRE

étendre davantage sur ce sujet; les horlogers et tous les mécaniciens savent bien dequelle manière léchappement dune Horloge donne limpulsion au pendule, et commentcelui-ci, modérant le mouvement du rouage, contribue à la régularité de lHorloge.

Daprès les principes que nous venons dexposer, pour la commodité des artistes, etafin de leur éviter des calculs que la plupart dentre eux auraient été incapables defaire, on a cherché à former des tables qui leur indiquent soit la longueur que doitavoir un pendule pour battre dans une heure le nombre de vibrations déterminé parla composition du rouage, soit réciproquement pour connaître le nombre de vibra-tions que doit faire battre le rouage daprès la longueur donnée du pendule.

Pour arriver à la formation de ces tables, il fallait dabord fixer la longueur du pen-dule qui bâties secondes, cest-à-dire qui fait 3,600 vibrations par heure. Le célèbreHuyghens lavait fixée à 3 pieds 8 lignes 50 centièmes de ligne du pied de roi. Lesacadémiciens de Mairon et Bouguer , par des expériences exactes et souvent répétées,trouvèrent que la longueur du pendule simple qui bat les secondes, à Paris , doit êtrede 3 pieds 8 lignes 57 centièmes de ligne du pied de roi, cest-à-dire de 7 centièmes deligne plus long que la détermination de Huyghens : différence importante quoique petite.

Lors de létablissement du système métrique en France , la Commission des savantsgéomètres qui fut chargée de ce travail, voulut vérifier les calculs précédents par les-quels on avait déterminé la longueur du pendule simple battant les secondes à Paris ,et cette Commission saperçut quil sétait glissé une erreur dans cette appréciation.La justesse des instruments, et les perfections qui sétaient introduites dans les calculsdepuis le travail des académiciens, en 1735, leur donnèrent la facilité de rectifier cesopérations, et ils fixèrent la longueur du pendule simple, pour quil battît les secondes àParis , à 3 pieds 8 lignes 559 millièmes de ligne; ce qui représente une différence de59 millièmes en plus sur Huyghens , et de 11 millièmes de ligne en moins sur les aca-démiciens : différence très-minime, mais importante pour la science.

11 est bon de rappeler ici que la longueur du pendule qui bat les secondes nest pasla même pour tous les pays : il est plus long sous le pôle et plus court sous léquateur.Cest à M. Richer que lon doit cette importante observation. Cest à la force centrifugequi anime le globe terrestre dans sa rotation diurne quest due cette variation pourchaque degré de latitude. On sait que lattraction diminue à mesure que lon séloigne ducentre de la terre ; cest ce qui explique pourquoi les corps sont moins lourds sur les hau-tes montagnes que dans les plaines. Cest par cette même raison que le pendule qui batles secondes doit être plus long à mesure que lon sélève au-dessus du niveau de la mer.

La table qui va suivre na pas été donnée par un horloger ou savant du dix-huitièmesiècle; elle est de M. Francœur, un de nos savants contemporains. Nous aurions pune la donner quen parlant des inventions faites au dix-neuvième siècle ; mais, fidèle ànotre habitude de traiter entièrement un sujet, pour ny plus revenir, nous donnonsici cette table, qui contient les dernières rectifications de la science, et sur lexactitudede laquelle on peut compter.