CHAPITRE V.
DE L'ÉQUATION DU TEMPS.
e temps vrai ou apparent, qui est marqué parle soleil sur nos méridiennes ou cadrans, etqui s’emploie souvent dans les differents usagesde la société, suppose que le soleil revient auméridien au bout de vingt-quatre heures, etqu’il emploie le même temps à y revenir d’unmidi au suivant que de celui-ci au troisième.Les anciens astronomes durent s’en tenir long-temps à cette supposition; mais, en observantavec plus d’exactitude lés mouvements de l’astredu jour, ils ne tardèrent pas à remarquer quecet astre n’avait pas une marche uniforme etque le temps vrai, mesuré par une marcheinégale, ne pouvait pas être régulier et égal. Ainsi le soleil n’est pas, à proprementparler, une juste mesure du temps, dont l’essence est l’égalité; mais le temps vraiayant l’avantage de pouvoir être observé continuellement, on s’en sert pour trouverun temps moyen et uniforme qui puisse être employé dans les calculs astronomiques.
Le temps moyen ou égal est celui que marquerait à/diaque instant une horloge abso-lument parfaite, qui, dans le cours d’une année, aurait marché sans aucune inégalité,en marquant midi le premier jour de l’année et le premier jour de l’année suivante, àl’instant où le soleil est dans le méridien. (Il faudrait toutefois tenir compte des sixheures dont l’année solaire surpasse l’année civile, et de toutes les petites inégalités quioiodifient l’équation du temps.)
Lorsque l’on partage 360 degrés ou 1,29600” en 365 parties 4/4-, on trouve que lesoleil doit faire par jour 59’ 8”, et, pour que les retours au méridien fussent égaux, ilfaudrait que ce mouvement propre du soleil vers l’orient fût tous les jours de la mêmequantité, c’est-à-dire 59’ 8” ; mais, à cause de l’excentricité de l’orbite de la terre et desdifferents degrés de vitesse qu’elle acquiert en s’approchant de son aphélie ou périhélie,il arrive qu’au commencement de juillet le soleil n’avance que de 57’ 11” par jour vers
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