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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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248 HISTOIRE

comme dans lexemple précédent, nous aurons ^pour le rapport cherché, qui appro-che tellement du vrai, quen mettant sur la roue annuelle un pignon de 7 et donnant206 dents à la roue de Saturne , elle ne sécartera dune dent quau bout de 1346 ans.

La méthode précédente est très-courte; mais, lorsquon cherche des rapports com-posés de plusieurs roues et de plusieurs pignons, elle ne peut suffire; on est contraintalors de chercher les diviseurs des nombres, méthode longue et pénible, mais quidevient plus courte en employant les tables de ces diviseurs.

Par exemple, si lon veut faire mouvoir une roue annuelle ou de 8766 heures par lemoyen dune roue de 15 heures, on cherche tous les diviseurs de 8766, on ne trouveque 3,3,2, et on tombe à 487, qui nest plus divisible, ce qui prouve quil faudra em-ployer une roue de 487 : ainsi lon pourra mettre une roue de 15 qui engrènera dansune de 487, et, pour multiplier encore par 18 (puisque 487 nest que la 18 e partie de8766), on prendra, par exemple, un pignon de 6 avec une roue de 108 ou un pignonde 8 avec une roue de 144.

Il y a cependant encore quelques difficultés à vaincre pour approcher sensiblementdes rapports que Ton ne peut avoir en nombres exacts. Le P. Alexandre a publiécomme une nouveauté (dans son Traité dhorlogerie , p. 174) une manière de sy pren-dre connue de tous ceux qui ont quelque habitude de faire des calculs : elle consiste àmultiplier les deux nombres donnés par un autre nombre qui ait deux ou trois divi-seurs propres à nombrer des pignons, suivant que lon cherche deux ou trois engrena-ges, mais qui ait encore deux conditions, savoir, que, si on le multiplie par un desdeux nombres donnés et quon divise le produit par lautre nombre, la division soitpresque exacte, cest-à-dire à une ou deux unités près, et que le quotient ait deux outrois diviseurs propres à former les nombres de deux ou trois roues. Ce procédé exigeun tâtonnement fort long, mais il ny a pas possibilité de labréger.

EXEMPLE.

On demande de trouver les nombres de trois roues et de trois pignons qui engrènentsuccessivement; de sorte que la première roue tournant en 12 heures, la secondetourne en un an : ce rapport de 12 heures à un an est exprimé par , ou bien

730 flf.

Il faut prendre un nombre qui soit le produit de trois autres petits nombres propresà former des pignons : par exemple 392, qui est le produit de 7, 7 et 8 ; mais il fautque ce nombre quon prend soit tel, que, si on le multiplie par 349 et quon divise leproduit par 720, le reste ne soit que 1, ou 2, ou 3, et, de plus, que ce même nombre,multipliant la fraction entière 7 49 , le nombre qui en proviendra ait trois diviseurs,cest-à dire soit le produit de trois nombres propres à former trois roues. Pour avoirun nombre qui, multiplié par 340 et divisé par 720, ne laisse que 1 de reste, il fautprendre tous les multiples de 349 et tous ceux de 720, choisir celui des multiples de 720qui, augmenté de 1, sera égal à un multiple de 349.