CHAPITRE VI.
DES PIVOTS ET DE LEURS FROTTEMENTS,
es pivots sont les parties des axes ou pignons sur lesquels sontfixées les roues ; celles-ci reçoivent le mouvement de rotationpar l’action de la force motrice.
On nomme force motrice, dans l’Horlogerie , cette puissancepremière qui anime les machines propres à mesurer le temps.Elle est de deux sortes : la pesanteur et l’élasticité : l’on se sertde la première par le moyen d’un poids qu’on applique auxhorloges ; de la seconde, par un ressort qui tient lieu de poids et que l’on adapteaux pendules et aux montres.
11 faut que les pivots aient une force suffisante pour résister à l’action du moteur;c ‘ar, s’il n’en était pas ainsi, ils pourraient se ployer ou se rompre.
C’est par le moyen des pivots qu’on emploie beaucoup de mouvement dans un petitespace, mais c’est aussi par eux que l’on multiplie les frottements. Il y a tant de causesqui concourent à ces frottements, que, pour être en état d’en démêler les principales etd’estimer leur valeur, Romilly, horloger de Genève , se crut obligé de construire unemachine (nous en donnerons tout à l’heure la description) avec laquelle il fit des expé-riences aussi curieuses qu’instructives.
Nous sommes obligé de dire ici qu’après avoir lu et commenté tous les auteurs qui°nt écrit sur le frottement des pivots, tels que Bulfinger, Amoutons, Camus, Euler ,Nolet, Desaguliers , Leslie et quelques autres savants modernes, nous n’avons pas
trouvé entre eux une concordance qui nous permît d’établir un principe général sur lamatière que nous traitons. Cependant ces auteurs, et surtout Romilly, nous ont fourniquelques documents utiles à consulter; nous les mettrons sous les yeux de nos lecteurs.
Sans connaître positivement le frottement absolu d’un pivot donné de diamètre avecs a roue, il est certain, par exemple, que, si l’on vient à varier le diamètre des pivotssans rien changer à la roue, en les rendant doubles, triples, quadruples, les frotte-