268 HISTOIRE
qu’on juge le plus convenable : celui, par exemple, qui s’accorde avec la mesure natu-rel le que fournit la rotation diurne de la terre.
Un mouvement continu et susceptible d’être facilement observé, Yuniformité de cemouvement : telles sont les conditions du problème dont la solution intéresse émi-nemment la science astronomique, celle de la navigation, et généralement les scien-ces exactes ou d’application.
On obtient le mouvement continu en appliquant à l’un des moyens de mouvementque fournit la nature, telle que l’action d’un poids ou celle d’un ressort, uu méca-nisme composé de roues et de pignons qui s’engrènent respectivement, et qui, parleur action réciproque, multiplient à volonté la vitesse, depuis le premier mobilejusqu’au dernier.
11 faut que ce dernier mobile marche lentement et uniformément : lentement, pourque ses révolutions puissent être facilement observées et que la force motrice nes’épuise pas trop vite; uniformément, parce que cette uniformité est la conditionprincipale du problème.
On obtient ces deux effets à la fois par l’action d’une seconde machine, qui doit pos-séder essentiellement le principe d’uniformité. Cette machine est ou un pendule dontles vibrations sont naturellement isochrones quand elles ont lieu dans les mêmes arcs,ou un balancier qui se meut librement sur un pivot, et auquel un ressort-spiral estattaché. Les oscillations de ce balancier, lorsqu’on l’a écarté de son point de repos,peuvent être sensiblement isochrones, même dans les arcs inégaux, moyennant cer-taines précautions que l’art a su découvrir. On nomme cette seconde machine le régu-lateur. , à raison de sa fonction essentielle; l’autre se nomme le mouvement. Leur réunionconstitue l’horloge ou la montre.
Le mécanisme par lequel s’opère cette réunion se nomme Y échappement, sans douteparce que la force motrice, alternativement coutenue et libérée par le jeu du régula-teur, s’échappe par intervalles à chaque oscillation de celui-ci. Le mécanisme de l’échap-pement, quelque varié qu’il puisse être, se réduit toujours à procurer, entre le derniermobile du mouvement et son régulateur, une action réciproque en vertu de laquelle,d’une part, le régulateur ralentit ce mobile et rend la marche uniforme, tandis que,d’autre part, une aliquote quelconque de la force motrice, arrivée au dernier mobile,se transmet au régulateur pour entretenir ses oscillations, qui cesseraient tôt ou tardpar les résistances de l’air et des frottements.
On conçoit aisément combien la perfection de l’échappement peut et doit contribuerà celle de l’horloge. Vainement chacune des deux machines qui la constituent serait-elle parfaite dans son genre : si le mécanisme qui les unit était vicieux, son influencenuisible ne tarderait pas à se manifester. Aussi est-ce vers l’invention ou le perfection-nement des échappements que se sont principalement dirigées les recherches desartistes, lorsque les régulateurs isochrones ont été découverts.
Le mouvement de la dernière roue peut être modifié par le régulateur de plusieurs