DE L’HORLOGERIE. 269
tuellement la suspension à couteau, et, dans son Essai sur l'horlogerie, il rejette lasuspension à ressort comme défectueuse et comme laissant au mouvement du pendulemoins de liberté que la suspension à couteau.
» M. Frodsham, horloger anglais , justement renommé pour l’excellence de seschronomètres, est le seul qui se soit occupé de ce sujet sous le point de vue de lapratique ; il a consigné le résultat de ses recherches dans un mémoire lu à la Sociétéroyale en 1838; mais, dans ses expériences, il n’a jamais séparé le pendule durouage, ce qui empêche de distinguer l’effet produit par le ressort de l’influencevariable du poids moteur sur l’échappement. L’isochronisme qu’il a pu réaliser résul-tait d’un équilibre favorable établi momentanément entre la force du ressort et lefrottement de la roue d’échappement sur les repos de l’ancre, de sorte qu’il ne pou-vait être pour ainsi dire qu’accidentel et de courte durée.
» Ces objections ont été présentées par M. Bessel dans le numéro 465 du Journalastronomique , de M. Schuhmacher, et il s’en sert pour expliquer comment il se fait queles artistes qui ont voulu répéter les expériences de M. Frodsham ne sont pas arrivésaux mêmes résultats que lui. M. Bessel ajoute : « Quoique le pendule de M. Frodsham» ne soit pas réellement isochrone, cela ne prouve rien contre la possibilité de don-» ner cette propriété au pendule; au contraire, cette possibilité ressort évidemment» du mouvement du pendule cycloïdal, dont les oscillations, grandes ou petites, s’ac-» complissent en temps égaux. Il n’y a donc d’autres dispositions à chercher pour» produire l’isochronisme que celles qui le produiraient sûrement dans toutes les cir-» constances sans faire naître aucun inconvénient. Ce problème est, à mon avis, le» plus important que puissent résoudre ceux qui cherchent à donner aux horloges le» dernier degré de perfection. »
» Nous rapportons ici ce passage du mémoire de M. Bessel, parce qu’il indique dansquel sens doivent être dirigées les expériences, et qu’il explique, en outre, l’insuccèsde ceux qui ont cherché l’isochronisme en dehors du mouvement même du pendule,et qui l’ont obtenu, soit par la pression de la roue d’échappement sur les repos del’ancre, soit par les courbures plus ou moins grandes données aux surfaces de cesrepos.
» Ce genre d’isochronisme n’était que momentané; il devait nécessairement éprou-ver des variations analogues à celles qui se produisent dans le frottement ; mais, si lemouvement du pendule était isochrone dans son essence, l’action du rouage ne modi-fierait pas sensiblement cette propriété.
» Guillaume Clément, horloger de Londres , auteur de plusieurs perfectionnementsimportants, paraît avoir employé le premier la suspension à ressort : il recherchatoujours les ressorts les plus flexibles, afin de laisser au mouvement du pendule le plusde liberté possible. Cette flexibilité est encore aujourd’hui recommandée par les hor-iogers, et, pour l’obtenir, ils donnent au ressort de suspension une assez grande lon-gueur : son action est cependant d’autant plus sensible que sa longueur est plus petite ;
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