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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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DE L’HORLOGERIE. 319

qui le seraient moins, et que, en outre, l’agrandissement des trous des pivots del’échappement diminuerait d’autant plus la grandeur de la levée que les bras seraientplus courts. Une pratique raisonnée doit donc fixer la limite des grandeurs convena-bles à donner à ces branches.

» Je ferai remarquer qu’on rencontre, dans beaucoup d’horloges et de pendules, deséchappements à ancre dont les branches sont plus ou moins réduites sans qu’ellesaient présenté l’inconvénient d’une destruction rapide ou une difficulté d’exécution. Jesuis donc fondé à croire que les échappements de Graham, à chevilles et autres,peuvent, sans inconvénient, être réduits aux dimensions des plus petits échappementsà ancre employés.

« J’ajouterai, toutefois, que plus on raccourcira les branches d’un échappement, plusson exécution devra être soignée, et enfin qu’on peut, sans inconvénient, réduire leséchappements de Graham ou à chevilles, employés dans les régulateurs et les grosseshorloges, à la moitié, au tiers et même au quart des dimensions qu’on leur donneordinairement. On obtiendra ainsi une régularité d’autant plus grande que les brasseront plus courts, et d’ailleurs, comme le frottement diminue en raison du raccour-cissement des bras, le même poids moteur produira des oscillations plus grandes,qu’on pourra réduire en conservant cette même force motrice et en augmentant lapesanteur du pendule : on aura ainsi une puissance régulatrice plus grande, mue avecle même poids moteur.

» Les considérations théoriques, quelque spécieuses qu’elles soient, ont toujoursbesoin d’être appuyées des résultats de la pratique : c’est dans ce but que j’ai construitun appareil ou plutôt un échappement dont les bras ont des longueurs différentes, etau moyen duquel on peut acquérir la vérité pratique du principe indiqué plus haut.Le même appareil permet, en outre, de mesurer les quantités de frottement que don-neraient des bras de longueurs différentes.

» Cet appareil, représenté fig. 2, se compose d’un double bâti h b, montésur une base dd; ce bâti supporte, au point a, l’axe d’une branche d’échappementsuspendu sur des pivots très-fins, pour diminuer le frottement : sur la longueur de cebras sont construits trois becs d’échappement i,j, le, de hauteur égale, pour pouvoiry appliquer la même roue, et leur distance respective au centre d’oscillation estcomme 1, 8 et 16. Les trois becs ont exactement la même levée, qu’on peut vérifierau moyen d’un arc de cercle divisé, placé au bas du plus grand bec, et d’un index fixésur la base dd. Sur l’axe même de l’échappement est fixé un bras horizontal t, àl’extrémité duquel peut être suspendu un petit plateau de balance, dans les conditionsemployées pour les balances de précision. Enfin , sur le même axe, est un autre brasvertical, sur lequel est fixé un poids curseur r, au moyen duquel on peut équilibrertout l’appareil, toutefois sans y comprendre le plateau de la balance, qui, dans l’étatd’équilibre de l’appareil, repose, par son couteau, sur une pièce fixe du bâti, et aucontact duquel le bras t n’arrive qu’au moment où le bec cc de l’échappement com-