Buch 
Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
Entstehung
Seite
384
JPEG-Download
 

HISTOIRE

branches, et le derrière de celte même fourchette estappuyé contre l’un des côtés de la coche de repos situéeprès de q, fig. 4, comme dans l’échappement à ancre.La branche supérieure de la fourchette d , 6g. 6, jouedans cet organe le même rôle que dans l’échappement àchevilles, à ancre, etc.; elle passe dans l’échancrure e,et assure le jeu sans produire d’arc-boutement ni defrottement : car cette branche, ainsi que les deux au-tres de la fourchette, ne touche jamais la tige du ba-lancier, sauf dans le cas de quelque secousse violentequi tendrait à déranger le jeu de l’échappement, et dontces pièces préviendraient l’influence fâcheuse.

Cet échappement ressemble, à quelques égards, àcelui d’Arnold, mais il n’en a pas toutes les qualités.Voici les principes de sa construction.

Pour obtenir les quarante degrés nécessaires aux os-cillations, on divise la distance comprise entre le centrede la roue et celui du balancier, en autant de partiesque la roue a de dents, plus huit : ainsi, dans le mo-dèle, la roue ayant douze dents, ces douze partiesajoutées à huit qui correspondent au levier du balan-cier, font vingt pour la distance des deux centres demouvement. Celle proporlion donnerait à la rigueur45 degrés de levée au lieu de 40 ; mais il faut en sacri-lier cinq pour la perte qui résulte de la petite chute, etpour la sûreté de la rentrée sans arc-boutement.

Les repos P p, fig. 4 et 6, n’étant destinés qu’à ar-rêter la roue, il faut que la dent n’engrène que de laquantité nécessaire à la sûreté de son repos. La formede l’extrémité des doigts de la patte d’écrevisse P p estcombinée avec la courbure en tuile de la cheville de laroue, de manière que, pendant le re^os, la roue tendà attirer à elle, plutôt qu’à laisser échapper, le doigt surlequel elle se trouve en prise de repos. La fourchette se |

trouve ainsi parfaitement dégagée de tout frottementcontre l’axe du balancier.

On ne peut guère assigner d’avance la proportion dudoigt de décrochement relativement à la fourchette. Ilfaut que son jeu soit bien exact, et qu’au moment où lepoint d’appui du repos qui précède la grande chute cesseune dent de la roue en mouvement se trouve en prisesur la virgule qui fuit devant elle. Il faut qu’en mêmetemps le fourchon supérieur de la fourchette d , fig. 4,passe (comme dans les au'res échappements qui ontcette pièce) dans Entaille e, qui se trouve alors vis-à-vis. Quand ce fourchon a dépassé l’entaille, il maintientavec sûreté la fourchette, et par conséquent toute lapièce intermédiaire de l’échappement du côté où elle setrouve, jusqu’au retour du balancier; ce retour, ame-nant de nouveau l’entaille au moment du décrochement,permet au fourchon supérieur d de passer de l’autrecôté, fig. 6, où il va jouer le même rôle de gardiencontre l’effet des secousses qui pourraient ramener lafourchette, mal à propos, pendant l’oscillation libre dubalancier.

Cet échappement peut être modifié et exécuté d’uneautre manière, sans nuire en rien à sa bonté. La roued’échappement, au lieu d’être en couronne, peut êtreplate et fendue à rochet, ce qui parait présenter unavantage réel; les repos ont lieu alors l’un avant, l’autreaprès la ligne menée du centre de la roue au centre dupivot de la pièce intermédiaire, à peu près comme dansle jeu de l’échappement à cylindre.

Dans cette dernière disposition, au moyen de la roueplate, le repos a lieu près du centre du mouvement dela pièce intermédiaire, et le frottement a d’aulant moinsd’influence dans l’acte de décrochement. ( Voy. Mèm.rédigé par une Comm. de la Soc. des Arts de Genève, 1831.)

III. — DE L’ÉCHAPPEMENT BRISÉ ET A SURPRISE,

PAU TAVAN.

La roue d’échappement rr, le levier v et le doigt dedécrochement n, ainsi que la fourchette ff, fig. 1, 4 et 6,sont respectivement semblables dans l’échappement àpatte d’écrevisse et dans celui que nous décrivons; etce n’est que dans la pièce des repos que se montrent lesdifférences essentielles.

Dans le premier, la patte d’écrevisse ne forme qu’uneseule pièce avec la fourchette de décrochement; sesdeux repos se meuvent ensemble à droite et à gauche,et sont d’une longueur un peu inégale : ce qui procureune petite chute de la deht de l’un à l’autre.

Dans celui-ci, l’un des repos P seulement appartientau levier de décrochement suspendu à l’axe a, fig. 4;l’autre p est situé sur un levier du premier genre p b i,dont le centre de mouvement est un arbre vertical 6,parallèle à celui sur lequel se meut le levier de décro-

chement, et placé en arrière de lui à peu de distance.Pour expliquer le jeu de ces deux repos, qui ont, l’unrelativement à l’autre, un mouvement qui ressemble aujeu d’une articulation, nous les comparerons au pouceet au doigt index de la main droite, en plaçant la roueen dedans, soit à gauche de cette main ; ces deux doigtssont à très-peu près d’égale longueur : mais l’index seprolongeant dans la partie supérieure de son épaisseur,se termine par la fourchette de décrochement vers l’axedu balancier. L’index ne fait qu’une pièce avec cetlefourchette, le pouce en est indépendant; mais il est in-directement mis en mouvement par elle, tantôt en s’ap-prochant, tantôt en s’éloignant de l’index, par un mou-vement ressemblant à celui de l’articulation de ces deuxmembres. C’est l’action particulière du pouce qui con-stitue ce qu’on appelle surprise dans cet échappement.