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HISTOIRE
exécuté avec beaucoup de peines et de dépenses unemachine pour mesurer le temps en mer, sur des prin-cipes qui paraissaient promettre une précision très-suffi-sante pour trouver la longitude, et qu’en conséquenceiis estimaient que Harisson avait mérité le plus grandencouragement de la part du public, et qu’il importaitde faire l’épreuve des différentes inventions par lesquel-les il était parvenu à prévenir les irrégularités qui pro-viennent naturellement des différentes températures etdu mouvement des vaisseaux.
Harisson publia les principes de sa montre dans unmémoire qu’il écrivit lui-même et qui parut à Londres en 1767. Ce grand artiste, dont s’honore avec juste.rai-son l’Angleterre, mourut le 24 mars 1776; il était alorsâgé de 82 ans. (V. Ilist. des math., tom. IV. Connaiss.des temps, 1765, 66, 67. Voir aussi le mémoire de Ha-risson, intitulé « Description concerning of time, mé-canisme as Wrill afford a nice or true Mensuration oftime; Lond., 1767. >. )
Christian Huyghens naquit à La Haye , le 14 avril1629. Le père de cet homme célèbre était secrétaire etconseiller des princes d’Orange.
Le jeune Huyghens puisa de bonne heure, dans lamaison paternelle, l’amour de la gloire et l’enthousiasmepour les grands hommes. Envoyé à Leyde en 1644 pourétudier en droit, il voulut connaître la géométrie deDescartes . Schoolen fut son guide bientôt le jeunegéomètre enrichit de remarques nouvelles et ingénieu-ses le commentaire que son maître a donné sur la géo-métrie de Descartes ; et dès 1651 il fut, dit Condorcet,en état de relever des erreurs dans le grand ouvrage deGrégoire de Saint-Vincent , que les jésuites et les en-vieux de Descartes voulaient placer à côté de celui dece grand philosophe.
Nous ne prétendons pas mentionner ici toutes lesdécouvertes que fit Huyghens dans la géométrie et dansl’astronomie; elles sont nombreuses et importantes,mais elles s’écartent de notre sujet. Nous nous borne-rons à dire que ce savant astronome est de tous lessavants, comme de tous les horlogers de l’Europe , ce-lui qui a rendu les plus éminents services à l’horlogerie.On peut dire, qu’il a créé de nouveau cet art en adap-tant le pendule aux horloges et le ressort - spiral au ba-lancier des montres. Que l’on se figure en effet ce quec’était qu’une horloge sans pendule (à foliot) et unemontre à balancier sans ressort-spiral ! Quelle régularitépouvait-on attendre de ces instruments? Aucune C’estdonc avec raison que nous disons que par ses admira-bles découvertes Huyghens a créé de nouveau l’artchronométrique, qui plus tard devint l'auxiliaire obligéde la science astronomique et de presque toutes lesautres sciences positives.
Huyghens fut souvent mêlé aux grands personnagesde son époque. En 1649, il accompagna en Danemarkle comte Henri de Nassau. Descartes était alors enSuède; Huyghens désirait passionnément de le voir, etil était déjà digne de converser avec lui; mais le comtede Nassau retourna trop tôt en Hollande. Huyghens futprivé du bonheur de voir ce grand homme, près d’ètreenlevé à un monde qui n’en avait pas senti le prix, et
Descartes n’eut pas le plaisir de prévoir tout ce que laphilosophie devait espérer de Huyghens .
Depuis l’année 1655 jusqu’en 1663, il fit plusieursvoyages en France et en Angleterre. Dans son premierséjour en France , il fut reçu docteur en droit de l’Uni-versité d’Angers , où les protestants étaient alors admis.
Appelé par Colbert en 1666, il vint à Paris jouir desencouragements que Louis XIV donnait aux sciences , etil fut, jusqu’en 1681, un des plus illustres membres del’ancienne Académie.
Les édits contre les protestants l’obligèrent à quitterla France . On essaya en vain de le retenir : il dédaignaune protection particulière qui n’aurait pas été celledes lois, et retourna dans son pays et dans sa famillechercher la liberté et la paix. La fin de sa vie y futtroublée par des chagrins domestiques : peut-être safamille eut-elle de la peine à lui pardonner d’avoir re-noncé à tous les avantages qui auraient rejailli sur elle,et de n’avoir été qu’un grand homme.
Il avait connu Leibnitz pendant son séjour à Paris ,et c’était en partie dans la société de Huyghens queLeibnitz avait senti se développer son génie pour lesmathématiques.
On voit dans la correspondance littéraire de Leibnitz et de Bernouilli , où ces deux illustres amis se confientleurs plus secrets sentiments, quelle profonde estimeils avaient pour Huyghens , combien ils étaient avidesde ses manuscrits et jaloux d’y trouver leurs opinions,et avec quel triomphe ils opposaient le seul jugementd’Iluyghens à la foule des adversaires qu’avait attirésaux calculs de l’infini le double tort d’être nouveaux etsublimes. Si quelque chose a droit de flatter l’amour-propre, ce sont de tels éloges donnés par de grandshommes dans le secret de leur correspondance intime,et auxquels la malignité ne peut soupçonner aucun motifqui en diminue le prix.
Huyghens mourut le 5 juin 1695. On attribue samort à un excès de travail; du moins la perte totale deses facultés précéda sa mort de quelques mois. 11 avaitéprouvé un pareil accident dans le temps de son sé,ourà Paris ; alors un voyage dans son pays l’avait rétabli et