WAGONS DE PETITE VITESSE COMPRIS DANS LES TRAINS DE VOYAGEURS. 847
transporter au tarif de la petite vitesse. De sorte qu’en somme, en parais-sant prescrire quelque chose, comme limite de vitesse, la décision du20 avril ne vise qu’un infiniment petit (*), et elle atteint la marchandiseabsolument innocente, quand c’est du wagon qu’il s’agit!
Mais voici qui passe toute idée.
« La commission a fait observer, d’un autre côté, qu'il ne lui paraissait« pas possible d’adopter comme maximum absolu de la vitesse de marche des« trains de voyageurs contenant des wagons chargés de marchandises à petite« vitesse, la limite de 45 kilomètres, proposée par le contrôle;« qu’en effet la fixation d'un semblable maximum entraînerait forcément la» diminution de la vitesse normale des trains qui y seraient soumis, etc. »
C’est a n’y pas croire! Vraiment, — la commission en est bien sûre, —le contrôle a proposé de fixer une limite a la vitesse des trains de voya-geurs contenant des wagons chargés de marchandises à petite vitesse?
Le contrôle (comme la compagnie et comme l’administration en 1869)voulait exclure des trains marchant a plus de 45 kilomètres les na;oiisde petite vitesse, et il a dit surabondamment pourquoi. Et voila qu’àentendre la commission, et la décision du 29 avril, c’est la marchandiseau tarif de la petite vitesse qu’il veut exclure! C’est la vitesse de tous lestrains de voyageurs renfermant une telle marchandise qu’il veut réduire!
Ainsi, pour réfuter le contrôle, la commission, qui a tous les éléments,tous les rapports sous les yeux, commence par lui faire dire tout le con-traire de ce qu’il a dit.
Comprenne et explique qui pourra une telle erreur (car il faut supposerque c’est une erreur); mais on reconnaîtra qu’elle est aussi incompréhen-sible que peu excusable (**).
Le contrôle dit et écrit à satiété: wagon; la commission lit et répète :
(‘j L’expédition en grande vitesse de marchandises payant le tarif de la petite vitesseest un tel contre-sens commercial, qu’on peut s’en rapporter aux compagnies; elles n’yrecourent que dans les cas extrêmement rares où elles y trouvent leur compte : pourhâter l’arrivée d’une marchandise attardée par leur faute, pour compléter un train,quelquefois pour dégager une gare.
Veut-on un exemple? D’après le compte rendu publié en IS72 par le conseil d’admi-nistration des chemins de fer du Midi, le parcours kilométrique total des wagons « depetite vitesse » de ce réseau, en 1S71, se divise ainsi entre les trois catégories detrains :
Trains de marchandises. . . 86,2 pour 100.
— mixtes. 13,1 —
— de voyageurs. 0,7 —
100,0 -
et ce chiffre de 0,7 p. 100 comprend certainement des wagons vides en retour!
(**) Il est nécessaire de faire remarquer que la composition de la commission a été mo-difiée depuis la rédaction de cet étrange avis, dont la responsabilité ne peut dès lorsatteindre les membres nouveaux.