CONTRE-POIDS.— ESSIEUX COUDÉS COMPOSÉS.
861
« extérieurs, au contraire, la machine est sollicitée a osciller autour« d’un axe vertical imaginaire ; mais l'instabilité de ces machines peut« d’autant mieux disparaître par l’application de contre-poids convena-« blés, que ces poids et les pistons sont a peu près a la même distance de« l’axe de la machine.
« Les machines qui présentent les conditions les plus défavorables« sont celles qui ont a la fois les cylindres extérieurs et les roues accou-« plées, puisque les pièces de l’accouplement sont alors elles-mêmes des« éléments de perturbation, au lieu d’étre, comme dans le cas des cylindres« intérieurs, des éléments de neutralisation. Des contre-poids très-lourds« deviennent dès lors nécessaires ; on peut au surplus les répartir conve-« nablement entre les roues accouplées.
« Soient, par exemple, pour une machine a quatre roues accouplées a« cylindres de 24 pouces et à roues motrices de 5 pieds :
Le poids du piston et de ses annexes. 190 livres.
Bielle motrice. 10(1
Bielle d’accouplement. 104
Parties excentrées des deux manivelles (motrice et d’ac-couplement) rapportées au centre du bouton. 50
Total. 450
« Le contre-poids ayant son centre de gravité a 25 pouces de l’axe de« l’essieu, il faudrait, pour détruire entièrement le lacet, le porter« à jï 440 =216, soit 108 livres sur chacune des roues motrices; mais pour<t ne pas trop dépasser l'équilibre vertical , il convient de s’arrêter a 80 livres.
« Dans les machines a trois cylindres, les forces d’inertie agissent dea chaque côté, avec des intensités égales, et dans le meme sens a chaque« instant. Il n’y a donc aucune tendance au mouvement de lacet ; mais le« mouvement de va-et-vient longitudinal subsiste, et les contre-poids sont« dès lors aussi nécessaires dans ces machines que dans les autres. »
N° 301 (page 437).
Essieux coudés de M. Schivre.
Quelques-uns de ces essieux ont effectué des parcours considérables.
Le 23 mai 1863, l’essieu coudé de la machine 284 se rompait prèsd 'Illfurth.
C’est un des tourillons qui se brisait, un peu en dedans de la douilled’emmanchement dans le bras de la manivelle, et tout près du collet venude forge sur ce tourillon. Une zone circulaire de 0 m ,03 de largeur indi-quait une fracture ancienne.
Les circonstances étaient, en un mot, fort analogues il celles que pré-sentent les ruptures des essieux de wagons dans,le moyeu.
L’essieu de la machine n° 284 avait parcouru 576.740 kilomètres, chiffrefort élevé pour un essieu coudé (305, 2°), et qui tendrait a justifier le modede construction adopté par M. Schivre. Mais il s’agit d’une des anciennes