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SUR LA NATURE DE L’ACIER
double question que je voudrais essayer de traiter en cemoment, moins, au reste, dans l’espoir de la résoudre défi-nitivement, que pour attirer sur elle l’attention des in-génieurs chargés de l’établissement des voies ferrées, etcelle des ingénieurs qui dirigent les forges. Je m’occu-perai d’abord de la plus importante des deux, de la naturedu métal.
Il ne s’agit pas, bien entendu, du choix à faire entrel’ancien fer soudé et le fer ou l’acier fondu. Le fer soudéest condammé depuis quinze à vingt ans ; mais il y a acieret acier; il y a mille nuances entre l’acier le plus doux, etsurtout le simple 1er doux fondu, et l’acier le plus dur,préparé pour les filières, les crochets de tours, les coinsde monnaies, etc.
On sait bien qu’il ne faut choisir ni l’un ni l’autredes deux extrêmes ; le premier, trop mou, céderait sous lepoids des locomotives; le second, trop dur, ou plutôt tropaigre, se briserait sous le choc des trains. Mais, même enlaissant ces extrêmes, il y a encore place pour des aciersde natures très diverses ; dans quelle mesure faut-il se rap-procher, pour les rails, du fer doux ou de l’acier dur? Telleest la question à résoudre.
Dans l’appendice au rapport précité (*), la questionsemblerait au fond déjà tranchée. On affirme, comme évi-dent en soi, sans preuves ni discussion à l’appui, qu’aupoint de vue de la durée, les rails en acier dur sont préfé-rables; on ajoute seulement cette réserve, que les railsdoux présentent moins de chances de rupture. Cependant,même en admettant la première partie de cette doubleaffirmation, affirmation précisément contestée aujourd’huiaux États-Unis , il s’agirait encore de savoir à quelle limitede dureté il faut s’arrêter, pour éviter les ruptures d’unepart, la rapide usure de l’autre. Or, à cet égard, même en
(*J Annales des Mines, 2' vol. de 1881, p. 73.