0 1 DE LAMER. 175tation que nous y voyons. De ceux: cy les vns veulentque cette agitation ſe fait par vn certain èlancement&ſoùlevement des eaux Marines ſoule ves comme d'vne
rande caverne& d'vn grand gouffre portèes qa& là,doule Flux& le Reflux ſont produits. Ceſt/ opinion quePlutarque rappotte de quelques Philoſophes Anciensqui vouloient que la mer eſtant n des membres conſi-derables de ce grand Tout appellè l! Vnivers ſoit ſem-blable à vn animal vi vant qui recoir air par la reſpira-tion& le repouſſe apres au dehołs. Les autres què celaprovienne du penchement des parties de la Terre où laMer coule durant ſix heures,& puis eſtant contraintepar la hautcur d'autres parties à le retirer en ſix autresheures, elle fait par ce moyen le Reflux. Les aut res laſti-rent du plan& de la ſcituation de la Terre integpoſèe en-tre deux Mers qui fait que les eaux de qui la nature eſtfluide s efforcent d'aller vers les rivages d'où elles ſontrenvoyees& repouſſèes. La premiere de ces deuxopinions eſt vne imitation de celle de Timès de Platon,qui donne le Mouvement impetutux de la Mer à Ja-bord des Rivie res qui y entrent:& la derniere eſt pareil-lement vne imitation de lopinion de Socrate touchantla violence des meſmes Mouvemens, ainſi que le rap-porte Pic de la Mirande. Tay dit imitation, parce qu'ileſt certain que les Philoſophes Grecs n' ont point connude Mou vemens reglez del Ocean, mais ſculement quel-ques agitatiõs telles qui elles ſont dãs la mer Mediterrane.
Ces opinions& autres de meſme nature, que ie ſe oistrop long à rapporter ſemblent depuis quelque ſiecle-avoir pris comme pat vn commun conſentement de laPhiloſophie, quelque conſiſtance dans Fopinion qusat tribuꝭ la cauſe du Flux& du Reflux à la Lune com-