DE LA MER. 87trop les parties de element de eau, ce qui affoibliroitcet effet,& il a pour lors aſſez de force pour mouvoirles Mers ſi puiſſamment& ſuffiſamment qu'il cauſe lesMarées les plus fortes. Lors que le Soleil eſt par venuau Solſtice,& qu'il reprend la route de] Equateur danscette converſion& reciprocation, il ſe fait un amas deſa vertu, quis unit& ſe conſerve en elle meſme, car ilpaſſe auſſi toſt les jours ſuivans ſur les meſmes tracesqu'il avoit paſſe les jours precedans; ainſi il agit avecplus de force,& il ſe fait un changement dans le mou-vement annuel par lequel les Mets ont leurs cours plusviolens& ſont en cette facon plusemeuës, quiil ſe fait degrands vens& de grandes tempeſtes pour la meſme rai-ſon, La Lune nouvelle renvoye la lumiere du Soleil&encore plus lors qui elle eſt pleine; Pour cela elle excite& meut alors plus les eaux, dans le renououvcau,parce quelle trouve plus de matiere dans les Mers qu'el-le mavoit pas regardé depuis quelques jours;& lorsqu elle eſt pleine, parce que ſa vertu provenant de lalumiere du Soleil eſt alors la plus grande. C'eſt là oùconſiſte tout ce grand empire qu on luy donne qui eſtpluſtoſt une puiſſance precaire, ſubalterne, ou pourdemeuter dans les termes de la Philoſophie inſtrumen-tairc.
Lon peut encore par là expliquer la difference desMartes qui regardent les lieux: d oùᷣ vient qu'elles ſontplus grande dans les Zones Temperèes que dans la Tor-ride, par exemple qu aux coſtes de France& d'Angle-terre la Mer monte ſoixante& dix pieds& quelquefois davantage, il en eſt de meſme au derroit de Magel-lan: mais dans les Indes ſituèes au milieu de la ZoneTorride, comme eſt l Iſle de ſainte Helene& autres le