184 DV MOVVEMENTd' Ariſtote. Ayant trouvë plus à propos dlapporter denouveaux èclairciſſemens à la Doctrine de ce Princede la Philoſophie, Chef de leur party, qui eſtant obſcu-re à cauſe de ſa brievetè, avoit beſoin dune plus ampleexplication de ceux qui avoĩent eſté les tẽmoins& losconfidens de ſes veritables penſees, dont la conſidera-tion lesa tenus preſques juſques au temps de Scot& deSaint Thomas, qui ont traduit cette Philoſophie à laconfirmation des veritez Chreſtiennes. Les grands&excellens Ouvrages de ces Genies, ſont tous remplis demilles belles penſèes, ſur les diverſes Parties,& textesd Ariſtote, dont ils nous ont donnè intelligence parles productions de leut eſprit, ſans qub'ils ayent portéles Lumieres& les Principes de cette Philoſophie, juſ-ques a la con noiſſance particuliere& exacte de cette ve-ritẽ, que la condition du temps, des occupations& dela brievetè de la vie ne leur avoit pas permis de recher-cher. N
Ainſi ces grands Philoſophes; ſoit ceux qui ont ſui-vy immediatement Ariſtote, ou qui ſont des dernierSiecles, ne ſont pas moins dignes d'eſtime, sils montpas entierement connũ cette verité; Les premieres pouravoir eſtè occupeꝝ a jetter les fondemens de cette in-comparable Philoſophie; la plus ſolide, la plus veritable& la plus ample qui ait jamais eſtè inventèe, ni enſeignéc.Et ceux de noſtre temps, pour Javoir recherchee en descauſes trop hautes& occultes,& avec vne methode tropfublime. Auſſi comme cette ignorance ne marquepoint aucune imperfection, ni dans Ariſtote, ou el-le eſtoit comme naturelle,& ſemblableà lincapacitè delenfance; ni dans ſes Diſciples, doüez deſprits excellens& de beaucoup de Science; Ce nc ſera pas non plus ennous