DE LA MER. 143meuvent continuellement juſques à ce qu ils Jayentperdu. D'autre part auſſi le mẽme mouvement peuteſtre pris pour une meme cauſe& un meme effet dumouvement Celeſte, qui ne ſouffre ni relache ni inter-ruption;:& on pourroit peut eſtre tirer de là vne preu-ve de la vertu juſques dans les choſes inferieures ſi lacauſe en eſtoit bien connuè.
L'origine de la Flamme ni ſon mouvement ne vien-nent pas de la conſtipation de la matiere, comme a vou-lu le méme Auteur de opinion precedente; la Natureplace toutes choſes dans des licux convenables à leurinclination: Celles qui demandent un eſpace libre&eſtendu pour leur demeure ne ſont point miſes dans unlieu eſtroit& reſerrẽ, mais ſeulement les choſes ëpaiſſes& graves. Ainſi le Feu qui ſe rarefie& ſe dilate ſansceſſe ne devoit pas eſtre enfermè ſous une maſſe ſoli-de, terreſtre& peſante. Il wen ſort pas non plus par lacompreſſion de la matiere: car cette compreſſion mar-rive que dans les choſes qui ſe meuvent& eclatent avecviolence,& le mouvement du Feu de meſme que ſaproduction ſont des actions naturelles.
Le mouvement de la Flamme a donc pris ſon ori-gine de quelque autre cauſe,& pour couper court, elleTa pris principalement& premierement de celuy desCicux, ſelon les trois manieres que nous avons remar-quẽes de l'origine du Feu& de la Chaleur: Lair quieſtoit ſous le concave de la Lune fut embraſe par lemouvementCeleſte, Ce qui eſtoit groſſier dans la ſecon-de Region de air tomba,& les rayons du Soleil refle-cbis par foppoſition de la Terre, produiſirent la Cha-leur dans la plus baſſe partie de T Air. Selon ces meſmescauſes les Cometes, les Eclairs& autres motions s al-