DE LA MER. 23que leur ſexe eſt plus aiſè à ſurprendre& qu'il a beau-coup de moyens pour eEmouvoir& pour perſuader leshommes.
Mais outre ces raiſons& autres qu on peut apporterapparentes& vray-ſemblables il y en a de fortes&convaincantes tires de la nature de ces mouvemens& de ces actions cõme ſont les preuves qu'on peut tiretde le vocation des manes oùũ des ames des deffuncts, desviſions des perſonnes eloignẽes d'une diſtance con ſi-derable dans les mémes poſtures& les mémes occu-pations où elles ſont alors; de la guetiſon ſubite&autres choſes extraordinaires. Car puis que ces choſeschangent fordre de la Nature& produiſent ſouventdes eſfets par les cauſes que nous voyons leur eſtre con-traires, il faut que leurs cauſes ſoient auſſi extraordi-naires: chacun ſcait comment la connoiſſance ſe for-me en nous, ſa force, ſon ètenduè& ſes divers de-
rez, comment eſt-ce donc qu'on connoiſt& qu'onvoit les choſes ᷑loignèes de plus de cent liciiæs dansune phiole pleine d' eau claire,& autres divinationsqui ſe font dans les ſonges où par des oracles? Celaſurpaſſe les forces ordinaires de la Nature; il faut queles bommes faſſent ces actions par le commerce avecles ſubſtances ſpirituelles, ou par la lumiere naturellequi eſt dans helprit, ou il faut que lame ſe detachedu corps pour aller voir ces choſes en elles: memes:Ce dernier eſt impoſſible par ce que lame ne laiſſepas danimer le corps parmy toutes ces divinations; cesdivinations ſurpaſſent les forces& la portée de Feſ-prit humain qui n'eſt point meu dans aucun de cesmouvemens par le moyen des ſens, bien que ce ſoit lafaqon naturelle de la connoiſſance. Il faut donc que des