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tout Purgent ne se trouva en pleine fusion qu’à cinq heures qaaranre-cinqminutes. Alors le bain étant devenu clair , & donnant des indices du degréde chaleur qui lui est nécessaire, par un léger bouillonnement, on juge quelalitharge commencera bientôt à se former. On ferma l’ouverture du mur ,appelle ci-deísiis le soupirail, pour modérer la grande activité du feu ; onouvrit le trou par lequel on introduit le canal du souflet au côté gauche dela coupelle , & l’on approcha le souflet pour appliquer son vent sur la sur-face du bain. Ce souflet assujetti dans un chaflìs, composé de deux moutonsà patins, retenus par trois traverses, se peut approcher & reculer à l’aide dedeux pinces qui en poussent les patins.
Auflltôt qu’on apperçoit fur le bain une pellicule de plomb lithargé , onfait agir le souflet qui est double comme celui des Maréchaux , mais beau-coup plus grand ; à cinq heures cinquante-six minutes , on jetta fur le baindeux longs morceaux de bois fort secs , que les Ouvriers appellent flam-beaux , afin d’augmenter la chaleur du bain ; à six heures trente minutes lebain se trouva chaud , selon l’expreffion de l’Ouvrier , c est à-dire , clair ÔCbouillant le long des bords de son disque. Le vent du souflet, ayant unedirection qui faisoit un angle d’environ trente-cinq dégrés avec la surfacehorisontale du bain , portoit à cinq pouces ou à peu près du bord le plusvoisin de P extrémité de son canal , & ce vent formant des ondulations cir-culaires fur le bain , chaííqit vers les bords opposés la lithargé qui fe formoitsensiblement. Cette agitation la faisant circuler lentement le long des bordsdu disque, en ramenoit une partie , succefiìvement suivie d’une autre déjaformée, ou qui se formoit de nouveau devant Pouvrier Affinëur,
Cet Ouvrier commença par ouvrir , avec un crochet de fer , une rainureau bord inférieur de la gorge ou bouche de la coupelle ; puis en frotantcette rainure avec une longue broche de fer , il la rendit unie. II continuade la creuser peu à peu pendant Popération , Pentretenant à fleur de la sur-face du bain , pour nen laisser couler' que la lithargé surnageante , & rete-nir le plomb qui tient Pargent en fusion , car sans le plomb le feu de lachauffe ne feroit pas assez fort pour tenir Pargent seul en bain. La pre-mière lithargé que l’Ouvrier fit couler étoir mêlée de quelques parties deplomb non encore fcorifié , qui empêchoit qu’élle ne fût friable, & de beau-coup de parties cuivreuses à demi calcinées : ce ne fut que vers les septheures & demie du soir que la lithargé commença de couler plus parfaite.
La continuité de cette opération fut uniforme jufqu’à une heure aprèsminuit, que le bois étant considérablement diminué , on jugea quil étoirtems d’introduire le plomb neuf dans la coupelle pour achever de l aVír Far*gent , selon 1 expression des Ouvriers j c’est-à-dire , pour lui enlever ce qu’ilpouvoir contenir encore d’allisge excédent ce qu’il en fan r pour qu il soit Honze deniers:, dix-neuf à vingt grains,.