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Tome premier.
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Souvent cette dorure n’estqu’une espece d’ornement en forme de dentelle&c de broderie , qui fait des encadremens autour. Mais souvent aussi lesarmes, de celui auqueldoit appartenir le livre, augmentent cette magnifi-cence , soit qu’on en mette de petites au dos entre chaque nervure , soit queson n’en place qn’une grande au milieu de 1 un & de l’autre côté de la cou-verture.

Tous ces ornemens se font avec des fers à dorer, qn’en général on nom-me de petits fers, & qui en particulier ont des noms différents suivant leschoses qui y sont gravées.

La gravure de ces fers eft de relief, soit qu’elle soit fur la pointe da poin-çon comme aux lettres, aux points , aux vases, auxétoiles &c, soit qu’ellesoit faite autour d’un petit cylindre d’acier, comme aux lignes, & aux bro-deries.

Les poinçons font leur empreinte en les pressant à plat, &íës cylindresen les roulant le long d’une réglé de fer , dans le milieu de laquelle ellestiennent par uné broche pareillement de fer qui traverse le milieu de leurdiamètre : les uns &c les autres ont des manches de bois.

Pour appliquer l’or, on glaire le cuir legerement avec un pinceau ou unepetite éponge aux endroits fur lesquels doivent se passer les fers : & aprèsque le cuir est demi-sec , on place dessus les feuilles d’or taillées avec uncouteau de la largeur convenable , fur lesquelles ensuite on presse les poin-çons , ou bien l’on roule les cylindres, les uns & les autres raisonnablementchauds. Si ce font des poinçons d’armoirie , & que l’on veuille quel’em-preinte ait beaucoup de relief, on les frappe avec un mailler ou avec unmarteau.

Quand la dorure est achevée , on recueille avec une brosse médiocrementrude le superflu de l’or, ne restant de dorés que les endroits où les fers chaudsònt fait leur impression ; ce qui n’est pas de si petite importance qu’il n’y aitdes Doreurs de livres fur cuirs qui ramassent de cet or pour une somme assezconsidérable par an.

Brunir l’or, dont il est souvent parlé dans cet article, c’est le polir & lelisser fortement avec le brunissoir qui est ordinairement une dent de loup ,óu de chien , ou un de ces cailloux qu’on appelle pierre de sanguine em-manché de bois , ce qui lui donne un brillant & un éclat extraordinaire.

Matter l’or , c’est passer legerement de la colle ou détrempe dans laquel-le on délaie quelquefois un peu de vermillon far les endroits qui n’ont pasété brunis j on appôlle aussi ce procede repasser, ou donner couleur à l’or 'cette façon le conserve & lempechede s’écorcher , c’est-à-dire de s’enlevesquand on le manie j on nomme pinceaux à matter , ceux qui fervent a don-ner cette espece de glacis de colle.