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portions dans leur monnoie, pour la conserver ; mais lorsque ces proportionsréciproques font établies, il est indifférent à la conservation des monnoiesque leur valeur numéraire soit haute ou basse, c’est-à-dire, que si les valeursnuméraires font surhaussées ou diminuées tout d’un coup dans la même pro-portion où elles étoient avant ce changement, les Etrangers n’ont aucun in-térêt d’enlever une portion par préférence à l’autre,
Dans quelques Etats on a.pensé que ce changement pouvoit être utiledans certaines circonstances ; Mrs. Melon & Durot ont approfondi cettequestion dans leurs excellons ouvrages , sur-tout le dernier. On n’entre-prendroitpas d’en parler si l’état même de la dispute ne paroisseit ignoré parun grand nombre de personnes : cela ne doit point surprendre, puisque horsdu commerce , on trouve plus de gens en état de faire le livre de M. Melon,que d’entendre celui de son adversaire ; ce n’est pas tout, la querelle s’em-brouilla dans le tems au point que les Parties de M. Melon publièrent queles deux parties étoient d’accord ; beaucoup de personnes le, crurent , & lerépetent encore ; il en résulte, que sans s’engager dans la lecture pénible des,calculs de M. Ducot , chacun restera persuadé que les surhauííemens desmonnoies font utiles dans quelques circonstances.
Voici ce qu’en mon particulier j’ai pu recueillir de plusieurs lectures des,
deux ouvrages.
Tous les deux conviennent unanimement qvTon ne peut faire aucun chan-gement dans les monnoies d’un Etat , fans altérer la confiance publique;que les augmentations des monnoies par les réformes au profit du Princefont pernicieuses , parcequ’elles laissent néceílairement une disproportionentre les nouvelles especes & les anciennes qui les font sortir de TEtar, Ssqui jettent une confusion déplorable dans la circulation intérieure.M. Dutor,en expliquant dans un détail admirable par le cours des changes les estersd’un pareil désordre, prouve la nécessité de rapprocher les deux especes , soiten diminuant les nouvelles , soit en haussant les anciennes, que l’un ou Tsti-tre opéroit également la cessation du désordre dans la circulation & la sortiede Targent ; mais il n’est pas convenu que la diminution ou Taugmentationdu numéraire fissent dans leur principe & dans leur fuite aucun bien à TEtat ;il y a même avancé en plus d’un endroit qu’il valoir mieux rapprocher les.deux especes en diminuant les nouvelles , & il Ta démontré-
M. Melon a avancé que Taugmentation simple des valeurs numérairesdans une exacte proportion entr’éiles , étoit nécessaire pour soulager le La-boureur, accablé par Timposition , quelleétcit favorable au Roi & au Peu-ple comme Débiteurs ; qu à choses égales c’est le Débiteur qu’il convient de.favoriser.
M«. Dutot a prouve par des faits & par des raisonnemens qu’une pareille.