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Tome premier.
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450 ECU.

continuellement, îes dépenses de l’Etat augmentent, 6e par la même raison Jle numéraire des impôts. Le Peuple, dont la recette est ordinairement bornéeau simple nécessaire, quelque soit le numéraire , n est pas plus riche dans uncas que dans l’autre ; il n’a jamais de remboursement à faire, & s’il vient àpayer plus de numéraire à l’Etat, en proportion de celui qu’il reçoit, il estréellement plus pauvre.

Les observations de M. l’Abbé de Saint-Pierre, 8c les comparaisons qu»fait M. Dutot des revenus de plusieurs de nos Rois , ne laissent aucun doutefur cette vérité que les denrées haussent successivement dans une plus hauteproportion que la monnoie ; cependant examinons la troisième supposition ,8c voyons les estets qui résultent de son passage.

Troisième supposition : le prix des denrées n’augmente pas proportion*nellement avec l'argent.

C’est la plus favorable au système de M. Melon. Considérons quelle ai-sance le Peuple & l’Etat en retirent, & ce qui est le plus important, comble»endurent les effets. Supposons la journée des Ouvriers à vingt sols, la dé-pense neceílaire a la subsistance quinze sols , ce feront cinq fols pour le superflu.

Supposons l’augmentation numéraire de moitié , & l’augmentation duprix des denrées d’un quart ; la journée montera à vingr»cinq sols, qui n$vaudront intrinsèquement que seize sols huit deniers ; fur l’ancien piedla dépense nécessaire sera de dix - huit sols neuf deniers , il restera pour lesuperflu six sols trois deniers , mais comme les denrées ont augmenté d’unquart, l’Ouvrier n'achetera pas plus de choses qu’avec les quinze sols qu’ilavoir coutume de recevoir. Ainsi de ce côté, l’Ouvrier ne gagne point d’aí-sance ; la circulation ne gagne rien.

' Examinons la position du commerce étranger.

Supposons son ancienne valeur de quarante-huit, les denrées ayant aug-menté d’un quart, la nouvelle valeur fera soixante.

II n’est point de Nation qui ne reçoive de denrées des Peuples auxquelselle vend ; c’est l’excédent des exportations fur les importations qui lui pro-cure de nouvel argent ; évaluons les échanges en nature aux trois quarts del’ancienne valeur , c’est-à-dire à trente-six , le profit de la balance eut étédouze, il est évident que l’Etranger paye ses achats fur le pied établi dans lePays du Vendeur, mais qu’il se fait payer ses rentes fur le pied établi chezlui, c’est-à-dire en poids 8c en titre. Cela posé, on achetera de l’Etranger cin-quante-quatre, ce qu’on payoit trente-six, les rentes feront soixante, la ba-lance restera six ; elles étoit de douze auparavant; par conséquent la circu-lation perd six . Sc ces six n équivaudront intrinsèquement qu’à quatre, surl’ancien pied.

Par k même raison, tout cs que l’Etranger devra au moment du surhaus-