FILÉ D’OR, FILÉ D’ARGENT. Ce qu’on appelle du filé d’or, ou dufilé d’argent n’est autre chose que de l’or, ou de l argeur trait, qu’on a écachéou mis en lame très mince Sc très flexible , qu'on a ensuite filé sur de la soie ,ou sur du fil de chanvre ou de lin , par le moyen d'un rouet ou de quelquesbobines passées dans de menues broches de fer.
11 y a du filé d’or fin Sc du filé d’or faux , du filé d’argent fin & du filéd’argent faux j on se sert de soye pour les filés d’or Sc d’argent fin , 6c pour"les filés d or Sc d’argent faux , on ne doit employer que du fil, n’étant paspermis, suivant les Ordonnances, d’y faire entrer de la foie.
Le filé rebours est du filé d’or ou d’argent soit fin , soit faux, qui a été filé àcontre-sens. Voyez Galons, &c.
FILIERE , plaque d’acier ou de fer plus longue que large , percée à jour d©plusieurs trous qui vont toujours en diminuant de grosseur , que l’on nommepermis , par lesquels on fait passer les métaux pour les réduire en fils. C’està travers de cette forte de filière que se rirent les fils d’or & d’argent trait tantfin que faux, destinés pour la fabrique des étoffes & autres marchandises.
Les Tireurs d’or se servent de cinq sortes de filières différentes qui ontchacune leur nom particulier.
La premiere, dont les permis font les plus gros Sc qui sert à tirer a l’argu©se nomme calibre ; la seconde s’appelle simplementfiliere ; la rroiíîeme ras jla quatrième prégaton ; la cinquième & derniere qui est la plus menue d©toutes, se nomme fer à tirer.
L’ouvermre la plus grande du permis, c’est à-dire, celle par où Ion com-mence à faire entrer le bout du lingot ou du fil s’appelle l’embouchure , 1$plus petite qui est celle par où il fort du côté qu’on le tire, se nomme í’œil.
Avant que le lingot ou le fil d’or ou d’argent soit parvenu à ce dernierdégré de finesse que les Tireurs d’or appellent fil trait su p et fin , qui ordinai-rement n’est pas si gros qu’un cheveu, il faut qu’il passe par plus de cenr qua-rante permis, soit du calibre, soit de la filière, soit du ras, soit du prégaton 3 ,soit enfin du fer à tirer. Voyez Tireurs d’or.
L’Arrêt du Conseil du 24 Avril 1725 , ré vêtu de Lettres Parentés du 7Mai suivant, registrées en la Cour des Aydes & en la Cour des Mon noies ,,ordonne que les Tireurs d or de Paris seront tenus huit jours après-la publi-cation de cet Arrêt, de remettre au Bureau de 1 argue du Fermier à Paris-, tou-tes les filières qu’iis auroient propres à servir audit argue, avec défenses aux:Tireurs d’or , ainsi qu’aux Orfèvres & à tous autres Particuliers, d’avoir Sctenir chez eux , ni partout ailleurs, aucune filière de la grosseur des trous d©celles servant à largue, a peine de confiscation Sc de trois mille livres d’a-mende , même de déchéance de Maîtrise contre les Maîtres Tireurs d’or H?Ç>rfé vres chez lesquels il seroit trouvé quelques-unes de ces filières , & à cons.