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Voyez aii mot Sëigneuriage , Tancienneté du droit que les Rois ont detirer du profit des Monnoies.
4°- Les besoins de l’Etat obligèrent uès-souvent le Roi Jean & le Dau-phin à tirer des profits considérables des Monnoies ; ils le faiícient en deuxfaçons. i°. En augmentant le prix des Monnoies qui avoient cours, (ils sefont servis rarement de ce premier moyen. ) z°. En ordonnant des fabricationsde nouvelles Monnoies , Le en ôtant du commerce celles qui avoient coursauparavant. Dans les Mandemens qui étoient donnés à cet effet, on fixoicle prix du marc mis en œuvre en nouvelles espèces, 6 c le prix que l’on devoirdonner aux Hôtels des Monnoies, du marc en espèces décriées ; l’excédentde ce premier prix au second tournoit au profit du Roi : par exemple, par leMandement du 30 Aout 1360, le marc en nouvelles espèces fut fixé à 8 Iiv.
5 fols, & le marc des espèces décriées à 7 livres, ce qui , réduit suivant laméthode que nous expliquerons plus bas, fuioit z liv. 15 fols pour le prixdu marc d’espèces monnoyées, & 1 liv. 15 fols pour le prix du marc des es-pèces décriées 3 le gain étoit donc de zo fols : ce gain , si considérable en lui-même , se renouvelloit très-souvent ; pendant Tannée 13 60 , ìl y eut au moinsonze Mandemens pour des fabrications de nouvelles espèces : ainsi , en sup-posant que le gain ait été de 10 sols par marc pour chaque fabrication, le Roiaura tiré pendant une année 11 liv. de chaque marc,
Ces changemens étoient encore quelquefois plus fréquens Le si soudains,que, comme nous Tavons dit au commencement de ce régné , à grand-peineetoic homme , qui en jttjle payement des Monnoies de jour en jour J'c pûtconnoître
5°. Pour einpecher que les Monnoies décriées ne sussent mises dans lecommerce, on établiíïoit des Coupeurs de Monnoies, c’est-à-dire, des genschargés de couper ou de percer celles qui étoient décriées, asm qu’on ne pûtplus s’en servir dans le commerce ; on leur payoit pour leurs peines un droitqui augmentoit encore la perte que Ton ffisoit sur ces Monnoies ; lorsqu’ellescroient ainli coupées , elles ne pouvoient plus être d’aucun usage, on lesportoit aux Hôtels des Monnoies, ou on les vendoit à des Changeurs , quiles achetoient moyennant une certaine remise qui f ri sort encore une nouvelleperte, & qui les portoienr aux Hôtels des Monnoies.
6 °. Indépendamment de la fréquente mutation des espèces , il y avoir encorebien des désordres dans les Monnoies 3 011 en fabriquoit à différons titres dansles Provinces du Royaume : ces différentes espèces que Ton fabriquoit dans lamême Monnoie, n’étoient point proportionnées & équipolées entr’elles, en-serre qu'il y avoir du profit à donner en payement les unes plutôt que lesantres.
7 °* Nous ne détaillerons point tous les inconvéniens qui naiífoient dwTome II. T