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Première partie.
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XIII
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PREFACE. xiij

l’efprit, si nous nous bornions à cela nous ferions tort à fa mémoire, & nous jretrancherions de son éloge la partie la plus intéressante, en dérobant au pu- jblic la connoissance des qualités de Ion cœur. Tous ceux qui l’ont connu ,conviennent qu’il avoit reçu du Pere des lumières les dons les plus parfaits,

& tout ce qui forme un homme de bien, un bon Chrétien , un Prêtre édifiant,

& un vrai Religieux.

Un esprit doux, aimable, prévenant en toutes choses ; une candeur &:une droiture de cœur admirable, une simplicité vraiment Evangélique for-moient le fonds de son caractère. Un air toujours gai affable , qui fem-bloit annoncer fes qualités , selon _cettc parole du Sage , Sapientia hominislacet in vuku ejus , Ecclef. 8. i. lui gagnoit le cœur de tous ceux qui lepratiquoient. Jamais il ne fortoit de ía bouche que des paroles obligeantes& édifiantes. Nombre de Passages de l’Ecriture &des Peres , qu’il s’étoitrendu familiers, lui fervoient à propos, soit dans les conversations pourles rendre Chrétiennes, soit auprès des affligés pour les consoler, soitauprès des malades , pour les exhorter à souffrir leurs maux avec patienceSc à faire à Dieu le sacrifice de leur vie. II avoit reçu de Dieu un donparticulier pour remplir cette forte d œuvre de charité , à laquelle il fcprêtoit volontiers. Toujours disposé à rendre service ; on ne lui propofoitaucune bonne œuvre dans laquelle il n’entrât volontiers. Sa charité lui faifoittout entreprendre, Sc fa patience, qui ne fe rebutoit de rien , le faifoit venirà bout de tout. Lorfqu’il s’agissoit d’êtrc utile à l’innocent , au pauvre, aumalheureux , a la veuve , à l’orphclin , les obstacles multipliés ne l’arrètoientpoint, & il en triomphoit pour l'ordinaire par fes foins, fes peines, Sc fes pressantessollicitations auxquellcs il étoit difficile de résister.

Un zélé ardent pour la vérité, la lui faiíoit préférer à toutes choses ; Sc laregardant, avec saint Bernard , comme la patrie des exilés Sc la fin de leur exil,

O Veritas exulum patria & exilii finis ! fans cesse il foupiroit après cette céle-ste vérité.

Un amour tendre pour TEglife ; amour, qui, selon saint Augustin, est lamarque qu’on a en foi l’Efprit de Jefus-Christ , le rendoit extrêmement sen-sible a tout ce qui la regardoit : il ne fe réjouissait que des biens, Sc nes’affligeoit que des maux de cette sainte Epouse de Jeius-Christ. Dans fesetudes , il ne fe propofoit que d’employer le tems utilement pour elle, pourlur-même, 8c pour le prochain. De cette maniéré, l’étude & la sciencene furent point pour lui un écueil. Ayant appris de saint Paul, que la scienceenfle ^ & que la charité édifie (a ), Sc de saint Augustin ( b ) , que fl la scienceest plus grande que la charité, elle n édifie point , mais quelle enfle , il s’appli-qua toujours, avec 1c secours de la grâce, à croitre plus en charité qu’en

C 3 ) ScientIX insat, caritas vero etdificat.

''b) Si magnituiiine sua pracedrt scientia meegnitudinem cœritatis, non solttm non édifient r se d irisas.Cône. 17. in Ps. 118.

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