MON rz?
Les bafarucos 8 >C les chedas font detain ; enfin les caxa, qu on nommeaulïi cas & pitis, font de plomb mêlé d’une mauvaise écume de cuivre.
Le tical est une Monnoie d’argent qui fe frappe dans le Royaume de Siam ;ses diminutions, qui font auiìi d’argent, font le mayon, le foang, la fompaye,& le demi-foang.
Les coquillages qui ont cours en Asie, 8 c qui y fervent en plusieurs en-droits de menues Monnoies, viennent des Maldives, & fe nomment caurisLux Indes. Sur les côtes d’Afrique elles changent de nom;, on les y appelledes bouges. Elles en prennent encore un nouveau dans l’Amérique ; ce fontdes porcelaines. II est vrai que ces dernieres ne viennent pas des Maldives ; il.s'en trouve aux Indes Occidentales, peu différentes de celles de l’Orient. II ya auiìi dans le Royaume de Congo des coquillages qu’on nomme zimbi, sipourtant ce ne font pas les mêmes que les bouges ou cauris.
Trois sortes de fruits servent auiìi de menues Monnoies ; deux dans l’Amé-rique , & particulièrement parmi les Mexicains. Ce font le cacao & le mays,qui y croilîent en abondance. L’autre dans les Indes Orientales ; ce font desamandes qui y font. apportées de Lar, & qui croissent dans les deserts del’Arabie.
Outre cette grande quantité de Monnoies courantes, qui ont des noms quiles spécifient 8 c qui les distinguent, il y en a beaucoup d’autres en Europe Scen Asie , qu’on ne connoît que par leur valeur; comme font celles à qui ondonne simplement le nom de pièces, en y ajoutant leur prix , comme on diten l'ntnce & ailleurs une piéce de trente francs, de quarante francs, de centfrancs, Scc. expression cependant qui n’est en n fige que parmi le Peuple.
A 1 égard des Monnoies d Aíie , fi on les ignore, peut-être est-ce par lafaute des Voyageurs qui ont négligé d’en rapporter le nom dans leurs rela-tions , quoiqii’ils n’ayent pas oublié d’en désigner la valeur.
Nous allons marquer ici ce qu’on a pû recueillir de quelques Mémoiresfideles , & des relations les plus exactes.
Dans la Chine il ne se fabrique aucune Monnoie courante d or. Ce métaly est une marchandise dont on trafique comme des autres ; il s’y vend enmasses ou pains, que de leur figure on appelle bateaux , en Hollandoisgoltschuts ; il y a de ces pains d’or qui valent jnfqu’à 13 ou 1400 liv. deElance, d’autres feulement la moitié , 8 c même beaucoup moins.
Il semble qu’on en peut presque autant dire de l’argent qui se vend auiìien masses ou morceaux de diverses figures 8 c de dissérens poids ; cependantil paroît qu il y a une efpéce d éçu d’argent, que les Chinois appellent leam ,& les Portugais taêl, qui revient environ à 4 liv. z sols. Cet écu n’est pointfrappé au com du Prince ; c’est un petit lingot ou piéce d’argent de figure ir*régulière , & telle qu’il plaît au Marchand de la couper, qu’on reçoit toujours