Band 
Première partie.
Seite
XXXIV
JPEG-Download
 

XXXIV

Dissertation sur les dates

un Samedi. J’en puis faire la preuve, comme je viens de la faire pour Tannée précédente.Mais nous ne croyons pas que cela soir nécesiaire , comme nous ne croyons point, qu’il soit né-cessaire de rapporter un plus grand nombre d’exemples. Les Lecteurs intelligens en feront rantqu’il leur plaira, pour se convaincre de la vérité de la réglé que nous établissons ici touchant l’u-íage des Réguliers annuels, comme nous nous en sommes convaincus nous-même par une infinitéde ces exemples, en recherchant quel pouvoir être Tufage de ces Réguliers chez nos Anciens.

§. VIII.

Du Cycle Lunaire & du Cycle de dix-neuf ans.

Dans notre Table Chronologique nous distinguons avec les anciens Computistes & avecun certain nombre de Chartes, le Cycle de la Lune du Cycle de dix-neuf ans, quoiqueplusieurs Auteurs les confondent entièrement, comme nous le verrons ci-deílous dans d'autresChattes en beaucoup plus grand nombre que les premieres, où Cyclus Lutu ou Lunaris,8 c Cyclus decemnoventialis fe prennent Tun pour l’autre indifféremment. LeCyclede l a Lune ,ou Lunaire , ainsi que le Cycle de dix-neuf ans , est une révolution de dix-neuf années, aprèslesquelles on recommence par un en continuant jusqua dix-neuf par un cercle perpétuel,comme on peut le voir dans notre Table Chronologique , où ces deux Cycles font marqués.Toute la différence qu’on remarquera entre Tun 8 c l’autre, est que le Cycle de la Lune com-mence trois ans plus tard que celui de dix-neuf ans. Cette dissidence vient ct es Romains &des Hébreux. Ceux-là fe fervoient du Cycle que nous appelions de la Lune!, ct ils le com-mençoient avec le mois de Janvier : ceux-ci fe fervoient du Cycle de dix-neiuf-ans, ct ils lecommençoient avec le mois de Mars. Les Chrétiens fe font servis de Tun ct d£ 1 autre Cyclesdans les premiers rems ; mais enfin celui de dix-neuf ans a prévalu, & nos Auteurs modernesont tellement oublié cet ancien Cycle des Romains, que nous n’en connoissons aucun, quien ait fait usage, pour expliquer les Chartes qui en font datées.

Voici une de ces Chartes d’autant plus remarquable, que les deux Cycles y font égalementmarqués. Cette Charte rapportée par le P. Mabillon dans fa Diplomatique pag. 5 9 4, est deHenri Comte d’Eu, en faveur du Monastère de S. Lucien de Beauvais, & elle est ainsi datée :Acla funt bac anno ab IncarnationcDomini MCIX , Indictione II, Epatta XVII , Concurrente ////,Cyclus lunarisV, CyclusdecemmvennalisVIlI , Régulâtes Pafcha ////, ‘Terminus Pafchalis XIIIKal. Man, dies Pafchalis VII KaLMaïi, Luna ipfius ( diei Pafchre ) XX/. Toutes ces datesfont très-exactes, & on peut les vérifier toutes très-aifément pár notre Table Chronologique :il n’y a qu a jetter les yeux fur Tannée 1109 , où elles font toutes marquées de fuite. Il est rarede trouver des Chartes où le Cycle ; de la Lune & celui de dix-neuf ans soient auffi clai-rement distingués , que dans celle que nous venons de rapporter ; mais il n’est point rared’en trouver, qui soient datées du Cycle de la Lune selon les Romains, au lieu de Terre duCycle -de dix-neuf ans selon les Hébreux. De ce nombre font la Fondation de TAbbaye deQuimperlé en 1019, qui est datée Cyclus Luna I , au lieu de IV i une Donation de lan j 069faite à la même Abbaye datée Cyclus Luna III au lieu de VI > une Lettre de Bildric Evêquede Dol pour TAbbaye de S. Florent de Saumur, datée Cyclo Lunari V au lieu de VIII. Cestrois Pièces fe lisent coll. 366, 43 z , & 517 du premier Tome des Preuves que Dom Moricea tait imprimer pour servir à la nouvelle Histoire de Bretagne , qu’il doit donner au Public.

Parmi les Chartes qui font datées du Cycle Lunaire selon les Romains , notis n’en avonstrouvé aucune , où ce Cycle ne commence avec le mois de Janvier ; mais parmi celles ,qui ion t datées du Cycle de dix-neuf ans , ou du Cycle de la Lune confondu avec le Cycle dedix-neuf ans, nous en avons trouvé quelques-unes où ce Cycle commence avec l e mois deJanvier, quoique naturellement il ne doit commencer qu’avec le moTs de Mars, puisqueles Hébreux, dont les Chrétiens l’onr pris, ne Tont jamais commencé qu’avec leur Nisan, qui