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Tome second.
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tles veines de la mine, on la concasse pour être en état d’être moulue dans des-moulins destinés à cet usage , auxquels l’eau donne ordinairement le mouve-ment , 8c qui ont des pilons de fer du poids de deux cens livres.

On passe par des cribles de fer ou de cuivre le minérai réduit ainsi en pous-sière pour être ensuite bien pétri dans de l’eau, ensorte qu’il soit réduit dansune espèce de boue assez épaisse.

Cette boue à demi-séche.se coupe en table d'un pied d’épais, 8c d’environ■vingt-cinq quintaux pésant ; chaque table qu’on nomme cturpo est de nouveaupétrie avec du sel marin qui s’y fond Lc s’y incorpore 5 il en fuit ordinairementdeux cens livres par table : on l’augmente & on le diminue suivant la qua’itéd u minerai.

Après cette préparation où Ion employé trois jours , on lui donne le mer-cure depuis dix jusqu à vingt livres, suivant la richesse de la mine, plus si elfe:est riche , moins lî elle ne l’est pas ; on recommence ensuite à pétrir chaquetable jusqu’à cè que le mercure ait été bien ramassé. 8c se soit bien incorporédans tout l’argenr.

Cqt ouvrage, très- dangereux à cause des mauvaises qualités du vif argent,,se fait ordinairement par les Indiens , qui le recommencent jusqu’à huit fois par■jour. Dans les lieux tempérés, cette amalgamation se fait en neuf ou dixjjoursdans les pays froids on y employé quelquefois un mois ou six semaines.

Pour faciliter l’opération du mercure, on est souvent obligé d*y mêler la-chaux 8c les minérais de plomb ou d 1 ‘étain j il faut même dans certaines mi-nières se servir du feu pour en avancer l’effet.

Quand on croit le mercure 8c 1 argent bien amalgamés, on en fait l’essiien prenant un peu de terre de chaque cturpo , & la lavant dans de l’eau furune assiette ; si lè mercure est blanc , il a eu son effet ; s’il est noirâtre , il fiurle pétrir de nouveau , en y ajoutant du sel ou autre dìoguc-.

Quand l’Esstyeur est content de ia qualité de l'argent, on l’envoye aux la-voirs, qui font trois bassins construits en pente, qui se vuident successivementl’un dans sature, & d’où la terre qui est mise dans le plus élevé s’écoule àforce d’être bien délayée par l’eau d’un ruisseau qui y tombe, 8c qu’unIndienagite avec les pieds ; ce que font aullï deux autres Indiens dans les- deux balììnssuivans.

Lorsque l’eau sort toute claire des bastìns , on trouve a u fonds , qui estgarni de cuir, le mercure incorporé avec l’argenr ; ce qu’on appelle la pella ,Ec c’est de cette pella, que se forment les pignes, après qu’on en a exprimé leplus qu’on peut de mercure, en la m errant dans dés chausses de laine de Vigo-gne qu’on presse & que l’on bat fortement, 8c ensuite en la foulant dans unmoule de bois de figure pyramidale octogone, au bas duquel est une plaquede cuivre percée de plusieurs petits trous.