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Tome premier.
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Eloge

qui le mît en état de suivre pleinement ses talens 6e songénie. Cependant cet Abbé , cadet de Normandie , na-voit que 1800 liv. de rente > il en détacha z 00 ijuildonna par Contrat à M. Varignon . Ce peu qui etoitbeaucoup par rapportai! biendu Donateur, étoit beau-coup auíii par rapport aux beíoins 5 c aux delirsdu Do-nataire. Lun se trouva riche , ôe lautre encore plus da-voir enrichi Ion ami.

LAbbé persuadé quil ny avoit point de meilleur sé-jour que Paris pour des Philolophes raisonnables , vinten i 6 8 6. sv établir avec M.. Varignon dans une petitenuiíon du Fauxbourg Saint Jacques. ils penlbientchacun de son côté , car ils nétoient plus tant en commu-nauté de pensées j lAbbé revenu des subtilités inutiles 6cfatigantes, sétoit tourné principalement du côté des ré-flexions fur lHomme , lur les mœurs Sc íur les principes,du gouvernement. M.. Varignon sétoit totalement en-foncé dans les Mathématiques.. Jétois leur compatriote,Sc allois les voir allez louvent, Sc quelquefois palier deuxou trois jours avec eux j il y avoit encore de la placepour un lurvenant, 6c même pour un lecond lord de lamême Province, aujourdhui l'un des principaux Mem-bres de lAcadémiedes Belles Lettres, Sc fameux par lesHistoires qui ont paru de lui. Nous nous rallemblionsavec un extrême plaisir , jeunes , pleins de la premiereardeur de sçavoir , fort unis , & , ce que nous ne comp-tions peut-être pas alors pour unassez grand bien , peuconnus. Nous parlions à nous quatre une bonne partiedes différentes Langues de lEmpire dos Lettres^ 6e tousles Sujets de cette petite íocieté íe font diíperlez de-dans toutes les Académies.

M. Varignon , dont la constitution étoit robuste , aumoins dans la jeunesse , palloit les journées entieres autravail : nul di vertillemcnt, nulle récréation, tout au plus.,quelque promenade à laquelle la raison 1c forçoit dansJes beaux jours. Je lui ai oui dire que travaillant après,louper félon la coutume,il étoit souvent lurpris par des