iS M O RU S, Mûrier.
ce lavage, on jette avec l’eaules graines qui surnagent; elles sontordinairement mauvaises : on emporte aussi par ce procédé unebonne partie de la pulpe ; & il reste au fond du vase un marc danslequel est la bonne graine. On fait sécher ce marc ; à mesure qu’ilse deffeche, on l’émiette avec les mains pour détacher les graines jôc quand il est bien sec, on en sépare la graine avec un crible.
Quand on achete cette graine , on doit la choisir grossie ,pesante, blonde; lorsqu’on l’écrase, elle doit répandre beau-coup d’huile ; si on la jette sur une pelle rouge, elle doit pétiller.
La meilleure graine se tire ordinairement du Piémont , duLanguedoc & du Comtat d’Avignon, parce qu'on y cultivedes arbres de bonnes feuilles : on en tire aussi d’Espagne. J’enai eu de la Louysiane qui a très-bien réussi : en général j’incline àdonner la préférence à la graine qu’on recueille dans des pays ouil fait quelquefois assez froid ; il m’a paru que les arbres qui enproviennent en étoient plus capables de résister à nos gelées.
On peut semer la graine aussi-tôt quelle est recueillie, oula conserver pour ne la mettre en terre qu’au printemps :ces deux pratiques ont leurs avantages & leurs inconveniens.Quand les automnes font chaudes & humides, une partie dela graine qu’on a semée immédiatement après la récolte, leveavant l’hyver; ces jeunes plants, qui font alors très-foibles, pé-rissent, fi les gelées font fortes, à moins qu’on n’ait foin de lescouvrir. Les graines qu’on seme au printemps font quelquefoislong-temps à lever ; & même il en leve peu, si la saison estfroide & seche ; ce qui arrive souvent dans notre climat.
Pour éviter ces inconvénients; aussi-tôt que les semences fontrecueillies, je les mêle avec du fable, & je les conserve jusqu’à'l'a moitié d’Avril dans une ferre à l’abri de la gelée : alorsje les seme avec le fable, ce qui est plus avantageux, parce 1que cette graine étant fine, on court toujours risque de lasemer trop épaisse : il faut tâcher de ne répandre qu’une once-de graine sur une planche de six pieds de largeur & de vingts,quatre pieds de longueur.
Pour semer la graine de Mûrier, on doit choisir une bonneterre de potager, bien labourée, point trop grasse, mais légere:l’arbre viendroit mieux dans une terre qui auroit du fond , maisla feuille n’en seroit pas si bonne. On seme cette graine dans.