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Tome second.
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86 O L E A, Olivier.

comme celles des Brasseurs ou des Teinturiers: elles coûte-r oie ut plus cher à la vérité ; mais aussi on y coníumeroit moinsde bois.

Lors donc qu’un Fabriquant est équipé de chaudières con-venables , & proportionnées au travail qu’il veut faire, on yverse de l’huile ; celle qui est grasse est préférable. Sur deuxcens livres d’huile, on jette quatre ou cinq seaux de la plusfoible leíïìve que l'on aura ; par exemple, de celle qui nepourroit pas soutenir un œuf même entre deux eaux : c’est pourcela qu’il seroit bon de faire de trois sortes de lessives, de ma-niéré que de la troisième forte on en tirât tant qu’on voudroit ;car c'est de cette troisième que l’on prend pour mettre d’a-bord avec l’huile , afin de la nourrir peu à peu , ôc ne lapas surprendre. On fait ensuite un bon feu sous la chaudièrepour faire bouillir la matière qui y est contenue ; il est bonque la chaudière reste vuide d’un bon tiers, parce que la ma-tière s’éíeve lorfqu’elle commence à s’échauffer ; & à mesureque l’huile se cuit avec la lessive , elle exhale une fumée épaissequi est l’humidité de la lessive, pendant que son sel se lie &s’unit avec l’huile; c’est pourquoi il faut de temps en tempsy jetter quelques seaux de lessive. Quand cette matière a bouilliquelques heures, elle devient liée, blanche, ôt semblable audiapaíme dissous, ou à la pâte de Guimauve : pendant tout letemps de cette cuisson, on a bien foin d’entretenir fous leschaudières, un feu qui la fasse bouillir fans cesse ; & pendantcinq ou six heures, on verse de temps à autre de cette petitelessive dans les chaudières, & ensuite, durant quatre ou cinqheures , quelques seaux de la seconde qui est plus forte : en unmot on fait entrer le plus qu’on peut de lessives, de celles ce-pendant qui font plus foibles que la premiere, parce que l’onréserve celle-ci pour la fin de l’opération. Quand le Savon estbien lié, & qu’il se trouve cuit jusqu’à la consistance d’une fortebouillie , on y jette promptement deux ou trois seaux de la pre-miere lessive, c’est-à-dire la plus forte ; on continue d’entretenirun bon feu : l’on prend de temps en temps avec une efpatuleun peu de la matière ; on la pose sur un morceau de verrepour voir si elle se caille, ôc si elle laisse partager sa lessive :si la matière ne se coagule pas vite, & que Fefpatule qu’c»