Ij8 P I N U S, Pin.
Le meilleur goudron se vend dix livres le quintal.
On avoir envoyé à la Louysiane des Biscayens pour en-seigner aux habitants à faire du goudron ; mais la pratiqu equ’ils suivent aujourd’hui leur est plus avantageuse que cell equ’ils tiennent de leurs premiers maîtres.
i°. On choisit pour établir le fourneau un terrein en pente,pour faciliter l’écoulemënt du goudron.
2°. On marque le centre du fourneau par un mât fait d'unjeune Pin d’environ dix-huit à vingt pieds de longueur, &bien assujetti en terre.
3°. On emporte des gazons dans toute l’étendue du four-neau , & on bat la terre pour raffermir, comme lorsqu’ostfait une aire pour battre le grain ; mais on fait en forte dsformer le fond du fourneau en calotte renversée , & de ma-nager :1a pente vers une dalle de pierre qu on place pour Yé*.coulement du goudron.
4. 0 On forme tout autour du fourneau un rebord de terrebien battue d’un pied & demi ou deux pieds, pour retenirencore plus sûrement le goudron dans l’intérieur du fourneau-
5". Vis-à-vis la dalle de pierre par laquelle le goudron doits’écouler, on forme avec de la glaise bien battue des gouttièresde cinquante à soixante pieds de longueur, qui vont aboutirà plusieurs trous ou réservoirs pratiqués dans la terre même,& qu on revêt aussi avec de la glaise bien battue, afin que legoudron qui doit s’y rendre par les gouttières, ne fe perde pasdans la terre.
5 °. On a foin que tous ces réservoirs soient d’égale gran-deur ; ou bien on en marque exactement les dimensions, asinde pouvoir connoître précisément de combien le goudronpeut avoir diminué après que l’on y a mis le feu: nous enexpliquerons dans la fuite les raisons.
7°. On ne doit charger le fourneau qu avec du bois sec ;c’est pour cela que l’on préféré d’y employer les arbres mortsqu’on trouve dans les forêts.
8°. On fend ces arbres pour les réduire en cotrets, àpeu près comme font les Boulangers pour chauffer leurs fours jdans le temps de cette opération, on met à part tous lesnœuds qui ne peuvent fe fendre, êc tous les copeaux.