SALI X, Saule. Z47
Pour faire une plantation de Saules, on coupe des perchespendant l’hyver: on met le pied de ces perches dans l’eau.Au printemps , avant que les Saules aient poulie, on réduitces perches à dix ou onze pieds de longueur ; on en appointitfo gros bout avec une serpe; & pour les planter, on fait destrous en terre avec une pince ou grosse cheville de fer qu’on enfon-ce a coups de masse ; on place ensuite dans ces trous le gros boutdes pîantards, jusqu’à un pied & demi ou deux pieds de profon-deur , afìn que le vent ne les renverse pas. On fuit cette mêmetnéthode pour planter les Peupliers : au reste, il faut bien pren-dre garde de ne point meurtrir l’écorce des pîantards ; car ilfo formeroit des chancres aux endroits offensés.
Quoique les Saules soient des arbres aquatiques, quelquesespeces qu’on nomme Osiers , ne laissent pas de venir assez“ren dans les Vignes ; mais alors on les étête à un demi piedde terre, ôc on les plante de houffines grosses comme le doigt.
On plante les Osiers que les Vanniers emploient, de la mêmet^aniere que l’on plante la Vigne. II faut que le terrein soitélevé de deux ou trois pieds au dessus de Peau, & entouré debons fossés. On leur donne un labour aussi-tôt que l’on a cueillibOsier j & dans le courant de l’année, on a foin de détruire defomps en temps l’herbe qui croît dessous : ces Osiers n’ontpoint de tige; on les étête comme ceux des Vignes.
Les Saules qu’on plante dans les vallées fur la berge des*ossés, peuvent être élevés à haute tige, ou étêtés à huit oufox pieds de haut ; alors on les appelle Têtards ,
Les Saules à feuilles larges, qu’on nomme Marceaux , fe plai-font, ainsi que les Saules ordinaires, dans les marais; cepen-oant on en voit plusieurs efpeces qui subsistent dans des terroirsa ssez secs.
USAGES.
Les Saules font des arbres très-utiles. Une belle Saussaiefoen entretenue de fossés, dont les arbres font vigoureux &len nettoyés du menu bois inutile & qui dérobe la feve^x perches ; une telle Saussaie, quoique plantée de Têtards,c e ft-à-dire, d’arbres qu’on étête tous les huit à neuf ans, faitfor fort bel esset. D’ailleurs il y a peu d’arbres d’un plus beau