DE M. DE COURTA NVAUX. Z
l’on connoît la longitude cl’un lieu , lorsque l’on aétabli la distance de son méridien à quelqu'autre méri-dien connu que ce puisse être. Pour éclaircir ceci,qu’il me soit permis de me servir d’une comparaison:on me demande la position d’une certaine lettre surcette page que j’ai devant les yeux ; on me dit quecette lettre est distante de trois pouces huit lignes dubord supérieur , ou de sept pouces trois lignes du bordinférieur de la page; voilà la latitude : mais cette con-noistance feule , ne suffit pas pour résoudre le pro-blème; cette condition , cTêtre à une certaine distancedu haut ou du bas de la page, ne convient pas exclu-sivement à une feule lettre, elle est commune à touteune ligne, & comment dislinguerai-je entre toutes leslettres de cette ligne celle que l’on me demande! jele ferai très-facilement, moyennant une seconde con-dition : qu’on me dise quelle est la distance de cettelettre au bord de la page qui est à ma droite ou à magauche ; ce sera la longitude de cette lettre, & leproblème sera incontinent résolu.
Que je me trouve sur une terre inconnue, ou surmer hors de la vue de toute terre, & que je veuilleconnoître ma position à l'égard de Paris ou à l'égarddu port où j'ai appareillé, il est manifeste que ce seroitbien en vain que je confulterois ce que je vois furnotre globe ; il ne se présente à mes yeux qu’une im-mense étendue de mer ou des terres dont j’ignoreabsolument la véritable position : il ne me reste donc
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