DE M. DE COU RTANVAU X. 125de confiance, nommé Deperre * ; il connoissoit par-faitement toutes les mers où je me proposois denaviguer, mais il n’étoit pas pilote du port de Dun-kerque. M. Bernier m’avoit fait espérer qu’il m’en-verroit à l’entrée des bancs un vrai pilote du port,fous la conduite duquel Y Aurore íéroit autant en sûretédans ce Dédale, qu’elle pourroit l’être en pleine mer,& nous étions convenus par lettres, de signaux dereconnoiísance. Arrivés par le travers de Gravelines,nous courûmes quelques bordées à Test sud-efl &, à{'ouest sud-ouest, cn attendant le pilote; íl ne tardapas à paroître, il nous reconnut à nos signaux, nousle reconnûmes de méme : vers 1 1 heures il fautafur notre bord, &nous nous mimes en route au traversdes bancs. Notre nouveau pilote avoit presque perpé-tuellement la sonde à la main , & nous faiíoit diminuerde voiles à mesure que nous nous approchions deDunkerque ; avant midi, nous reçûmes à bord M.Caudebec , Capitaine du port, qui venoit dans uncanot à notre rencontre ; à 1 heure £ , nous mouillâmespar six braises d’eau, fond de coquillage noir 6 e rouge;le lieu du mouillage étoit à une bonne lieue du port,nous descendimes dans deux canots qui nous condui-sirent à Dunkerque, où je logeai avec M. rs Pingré Sc
* M. is duc de Praílin, toujours attentif à ce qui peut encouragerle commerce, & donner de l’emulation aux bons íujets, accordaau sieur Deperre, à notre retour en France, les Lettres de Capi-taine Marchand, qu’il ne devoir espérer que dans quelques années.
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