DE M. DE COU RTANVAUX. 139
La nécessité de rester à Dunkerque plus long-tempsque je ne me Tétois proposé , ne pouvoit m'êtreagréable; j’envisageois que ce retardement m’ernpê-cheroit de pousser mon voyage aussi loin que je Pavoisprojeté: n'étant cependant pas le maître de commanderaux vents & à la tempête, je tâchai du moins de rendremon séjour forcé , le plus utile qu’il étoit possible.J’étois souvent sur le port ; j’entrois dans les Vaisseaux;je m’entretenois avec les Capitaines & les Pilotes; jem’informois de leurs voyages , & des observationsqu’ils avoient faites dans leurs diverses navigations; jetirois d’eux toutes les lumières qui pouvoient m’êtrede quelque utilité, soit dans ce voyage, soit dans ceuxque je croyois alors pouvoir entreprendre dans la fuite.A terre, je consultois les constructeurs & autres gensà talens; je visitois les ruines des ouvrages qui ren-doient autrefois Dunkerque une des plus sortes villes& un des plus célèbres ports de l’Europe. M.. rs Pingre& Messier imitoient mon exemple ; nous faisions re-gistre de tout ce qui nous paroiffoit marqué au sceaude l'utilité.
M. Bernier nous présenta un Prêtre qui croyoit avoirpénétré la vraie méthode de déterminer les Longitudesen mer. Comme ses prétentions ne se bornoient pas àee secret, & que le mouvement perpétuel n’étoit pasmême la plus curieuse de ses découvertes, nous n’é-tions pas fort disposés à l’écouter: mais cet homme enavoit imposé A la populace ; il passoit à Dunkerque
S ij
Occupations
à
Dunkerque.
Prêtre
quicroitavoir
trouvé
le secret desLongitudes.