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Journal du voyage de M. le Marquis de Courtanvaux / mis en ordre par M. Pingré
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Commerce.

Maisondc Coller.

214 . Voyage

pas embarrassé cl'en trouver maintenant, dix-huit àvingt mille florins, quoiqu’il n’y ait fait aucune aug-mentation.

Le principal commerce de Harlem consiste entoiles; les blanchisseries forment un objet digne del’attention des Curieux, elles font un peu éloignées dela ville. II s’est fait autrefois un autre commerce célèbreà Harlem, celui des fleurs ; un seul oignon de tulipey a été vendu quarante ou cinquante mille livres, 6cmême ,au de-là : ce commerce subsiste encore, maisavec beaucoup moins de vigueur : les Curieux quipassent par cette ville en Avril ou Mai, ne doivent pasoublier de voir les jardins que l’on cultive à Voorhelm 6cen d’autrcs lieux ; ils font alors couverts des plus bellesfleurs. On peut acheter les fleurs fur le lieu même, onmarque la fleur choisie, 6c l’oignon qui l’a produitest délivré en temps convenable à l'acheteur, ou àcelui qui est chargé de fa procuration : ce commerceest, dit-on, pratiqué avec toute la bonne foi possible;on ajoute qu’il n'est cependant pas hors de propos,que celui qui a ainsi acheté des oignons y ait l’œil,soit par foi-même, soit par quelque personne afHdée.

Sur la grande place d'Harlem, outre la grandeéglise 6c l’hôtel-de-ville, on fait remarquer aux étran-gers la maison de Laurent Coster, avec une inscriptionpompeuse fur la porte, gravée en lettres d’or; le sensde cette inscription, est que c’est méconnoître Dieumême, que de feindre de ne pas connoître Coster,