Observations Naturelles. 251
stoic depuis long temps, entr’autres incommo-dités , travaillé d'une legere sueur superficiellequi ffestant point poussée du centre le debilitoitextremement, je la luy donnay, en un verre d’eaude Chardon bénit, & il a sué deux jours de íûite, cequi luy a causé une parfaite guérison. J’en ay en-core baillé a trois enfants travaillés de fievre ma-ligne , a chacun un scrupule, je ne sçay quel effetelle aura eue, car, outre que je suis tombé mala-de au mesme temps la mere desdits enfants ne m'estpoint venu voir, ce qui me fait présumer que lesuccès en aura auffi esté comme les précédents.
Si cela suffit pour donner quelque crédit a ladi-te Pierre , je suis bien aise que vous vous serviés demon tesmoignage,qui est selon laverité.Maîs quandje seray remis j’espere Fesprouver en d’autres oc-casions , afin d’en estre encore plus affeuré, &alors je vousdiray ingenuement par quelle facultéje m'imag'me, qu’elle produit les effets, car monsentiment en cela est fort diffèrent de celuy des au-tres, J’espereque vous aurés la bonté de m’excu-seríìje vousescrisavec si peu de cérémonies, cer-tes je fuis encore si foible, que je n'en aurois pasmesme tant fait si ce n’estoit pour vous-obliger,& vous faire connoistre que je fuis,
MONSIEUR,
d’Amsterd. le 19, Yostre tres-humble, 5 c tres-
Óecemb. iS/z, obéissant Serviteur,
Bellanger..