DES MONTS-PYRÉNÉES. 71est considérable, on en peut juger par les atterriffemens dubaffin de Bédous , dont le terrein s’éleve par les matières queles eaux détachent & charrient des montagnes, destructionqui deviendra déformais plus sensible par celle des forêts qu’onexploite journellement ; les arbres contribuent à empêcher leséboule mens des terres; les endroits dépouillés de bois ne pour-ront plus retenir la croûte qui les couvre , & nécessaire à lavégétation ; elle fera facilement, emportée par les eaux ; alorsles montagnes fe trouveront exposées aux injures du temps ;les pluies & les neiges, Fhumidité & la sécheresse, le froid &le chaud, sont autant de causes qui contribueront à hâter leurdégradation ; les rochers se fendront & tomberont en ruines ;leurs débris entraînés par les torrens iront élever le fol desVallées ; mais cette élévation de terrein n’aura lieu que dansles endroits assez larges, pour ne pas accroître la vitesse deseaux, au point d’empêcher la formation des dépôts.
La coupe des bois produira d’autres effets funestes ; privéesde leur terre végétale, les montagnes seront moins propresà absorber les eaux des pluies & des neiges, il se formeraa lors d’affreux torrens qui inonderont les plaines & entraî-neront tout ce qui se trouvera exposé à la rapidité de leurc ours.
Les chemins que l’on a ouverts dans la vallée d’Aspe, soitP°ur faciliter la communication avec l’Espagne , soit pour1 exploitation des forêts , font dignes de la curiosité des étran-gers. Voyei la planche VI.
La pene d’Escot est un des endroits les plus remarquables jc est une montagne taillée en précipices, où l’on prétend queJules-César sit pratiquer un chemin pour pénétrer en Espagne „P ar le port que les Romains appelloient Summum Pyrenœum y& que les Béarnois appellent aujourd’hui Somport : on voit àla pene d’Escot les restes d’une inscription , je la rapporte telle