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LA PROVINCE d’ A C R A.
où écoit ci-devant un étang d’une grande enceinte, entouré d’une muraille basse,là est aujourd'hui un champ; ôt maintenant les épis flottent dans les lieux couvertsautrefois par les boutiques des marchands & par les maisons des habitans. Uneville jadis des plus peuplées n’est à présent qu’un terrein inculte : il n’en reste qu’uncseule rue, où s'exposent les choses qui sont à vendre. Tel a été le sort d’une desplus belles villes, après q\i y Acbar eut transféré íà résidence à Agra: elle sc formaen peu de rems 6c s’éteignit bientôt après là naissance, semblable à une fleur quilé matin s’épanouït & le soir se fàne.
De Fatepour à Agra le chemin est de 12 milles, vers l’Orient, mais tournantun peu vers le Nord-est. Quelquefois il se détourne auílì de l’Est vers leSud-est.On peut conclure du calcul entier de la route qu ’Agra est rejetée un peu versle Nord.
Dans le tems que l’empercur Acbar résidoit dans cette ville, arrivèrent,envoyés par le Vice-roi de G.oa 6c par le Général des Jésuites, trois zélés ouvriersde la vigne de l’Evangile, au nombre desquels étoit le vénérable Rodolphe Açua-viva , qui dans la fuite subit le martyre pour la foi en Jésus Christ, dans laPresqu’île de bassette. Ainsi la lumière de l’Evangile a été portée en premier lieudans cette ville; (a) de là elle s’est répandue aussi dans d’autres endroits (du pays).
Dans ce canton les maisons sont bâties d’une aílèz belle pierre rouge. Leschamps portent des herbages, du bled, des poids 6c d’autres grains.
A cinq lieues indiennes de Fatepour , vers le Midi, font deux endroits appelésSingauli & Rubàs , où Acbar avoit coutume de prendre l’air de la campagne &le plaisir de la chaste. On y exploite des pierres rouges 6c blanches, servant à labatiste de belles maisons à Agra 6c ailleurs.
Canbèn
(a) Ceci explique pourquoi notre respectable missionnaire s’est étendu longuement avec one com-plaisance mêlée de regrets fur le fort déplorable de Fatepour. (B )