44 Du Roïaume d’Espagne.
long de ce fleuve , étoient apellez Celtiberi:
Pour caractériser ces fleuves on leur a attribuécertaines qualitez particulières : On a dit queVIbère l’emporte fur tous les autres par l'excel-lence de son nom : Que le Tage est le plus fa-meux : Que le Dure est le plus rapide dans facourse : Que le Guadalquivir porte les plus gran-des richesses : Et que la Guadiane est incompa-rable en ce que, par modestie , elle cache fatête dans la terre, comme nous Pavons observéci-deiïus.
Si nous avions pris à tâche de parler de tou-tes les rivières grandes & petites qui fe trouventen Espagne, nous en pourrions compter environcent cinquante, fur lesquelles il y a autour desept cens ponts
1 VI. Le partage de ce grand Rgïaume.
Du tetns des anciens Romains l’Espagne étoitdivisée en trois parties, dont la prémière s’apel-loit Hispania Lusitanien , qui étoit à peu près cequi forme aujourd'hui le Roïaume de Portugal :La seconde partie se nommoit Hispania B&tica,aux environs du fleuve Bœtù , qui est aujourd’huiP EJìramadoure , la Vandalicie , ou P Andalousie , &le Roïaume de Grenade. Enfin la troisième par-tie étoit apellée Hispania Tarraconenfìs , qui com-prenoit tout le reste, & dont Taragone en Cata-logne étoit la capitale.
Plusieurs nations s’étant répandues dans diffe-rens pais, pendant le cinquième siècle, les Vi-figots fe mirent en possession de toute PEspagne,& s’y maintinrent pendant 300. années consé-
cuti-