84 .Dh Eoïatme $ Espagne.
II croît dans cette Province beaucoup de boispropre à la construction des vaisseaux : On trou-ve auffi de riches mines de plomb ; Mais cequ’il y a de plus considérable sont les mines defer, qui font fi abondantes, qu’outre ce qui sedébite dans le païs, il s’en transporte annuel-lement une grande quantité dans les Provincesvoisines.
Les habitans font bons soldats, tant fur merque fur terre. Comme ils font près des fron-tières de France, & qu’ils pourroient implorerun secours étranger, en cas d’opreffion, le gou-vernement y est fort doux, particulièrement àl’égard des impositions. On ne les a pas nonplus obligés à recevoir des Evêques ; Cependantils vivent en bonne intelligence avec leurs Ec-clésiastiques.
Les habitans ont aussi leur langage particu-lier , qui vient fans doute de celui des anciensCantabres : C'est dans cette langue qu’ils parlentle plus souvent à leurs femmes & à leurs en-fuis , & ils ont cet avantage, que personne nepeut comprendre ce qu’ils disent; Mais quandils écrivent ou qu’ils font avec d’autres, qu’aveCleurs proches, ils parlent Espagnol, ou Fran-çois.
Cette Province est partagée en trois petite*contrées, que l’on nomme, i. la Bifcaïe, 2. ^Guipuscoa, & Z. l’ Alava.
I. De la contrée de B IS C A TE.
Dans la Bifcaïe proprement ainsi nommée, q llíest située près de la mer, d u côté d u couchant*sont les endroits suivans :