Du Exhume d’Espagne. 121
principales Dames du Roïaume, qui ont grandfoin d’y étaler tout ce qu’elles ont de plus richeen fait d’habits & de Maux. Chacune de ces Da-mes est accompagnée d’un Cavalier, qui s’empressea la servir, & qui se charge de toute la dépense.
Ceux qui entrent en lice pour combattre con-tre les taureaux, & qu’on nomme en EspagneTorreadores , sont tous des Chevaliers, qui ne doi-vent avoir, pour toutes armes, qu’une lance, &qui n’oíeroient se servir de leurs épées que quandla bête les aproche de trop près. La place du. combat est bordée d’un rang de soldats armésj; de hallebardes, qui forment un cercle : Les la-quais vont harceler le taureau & tachent de l’ir-riter : Quand il est en fureur les Chevaliers cou-rent à lui, à toute bride, pour le percer deleurs lances. Leur plus grand coup d’adreíTeconsiste à enfoncer la lance dans la tête de rani-mai, de manière qu’elle se rompe & que la poin-te du fer y demeure ; D’où l’on peut juger quecet exercice ne demande pas moins de force qued’adresse. 11 est inutile de se servir de l’épéedans ces sortes de combats, à moins que le Che-valier n’atteigne l’animal justement à une petitetache qu’il a au front, ou le fer peut pénétrer.Dès qu’un de ces taureaux est terrassé, ou mort,la populace y acourt & le taille en pièces, à, c oups d’épées.
j H y a aussi des combattans à pié, qui s’ar-| ment d’une demi-pique & posent un genouil en! terre pour recevoir l’animal: Dès qu’ils ont don-t j 1 c leur coup, & qu’il n’est point terrassé, des va-i têts viennent lui jetter des manteaux fur la tête,
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