Du Cercle de la 'Basse- Saxe. 2Z^
l’Evêque ne vouloit le céder à personne dans sonpropre Diocèse, ou étoit la ville de Goslar. IIarriva donc que le jour de la Pentecôte s’étanttrouvés l’un & l’autre dans la Cathédrale , leursdomestiques se querellèrent & en vinrent à sebattre. Cette tragédie ne finit que par un ían-gfant carnage. Le combat se fit en présencede l’Empereur qui fut contraint lui-même dechercher une retraite. Pendant la bataille l’Evê-que monta dans un lieu élevé, & exhorta sesgens, de la manière la plus forte, à tenir bon,leur disant qu’ils ne manqueroit pas de dédierde nouveau ì’Egfiiè souillée par le lang. EnfinJes domestiques de l’Evêque remportèrent lavictoire, & personne ne se mit en peine de ceuxqui restèrent furies carreaux. Le lendemain pen-dant que l'on purifioít l’Eglite & que le Prêtreentonnoit ces paroles : Domine , hune dietn secìfligloríosum , c’est-à-dire, Seigneur , tu as rendu cettejournée glorieuse > un Démon , dit-on , répondit,par un trou , qui étoit dans la voûte du Temple :Et ego hune diem feci bellicosurn , c’est-à-dire, Etmoi j’ai fait de ce jour , un jour de carnage. Cetrou fut laissé ouvert pendant fort longtems, &on fit accroire au peuple, que le Démon nevouloit pas souffrir qu’on le fermât. Cepen-dant lorsqu’on renouvella cette Eglise il y aquelques années, on fit boucher cette ouverture,mais on voit encore distinctement Pendrait où lavoûte avoit été percée. On m’a encore assuré,qu'alors on trouva dans ce lieu entre le toit deplomb, & une poutre, lin cadavre desséché,qui, a en juger par l’habillement, pouvoit être là