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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. II

tient le second rang. Les bords des. lacs font fa demeure ordi-naire. Phemonoë (8), qui a été qualifiée de fille d’Apollon ,a publié que cette forte d’aigle a des dents, quelle est fans lan-gue , qu’elle est muette ; que c’est la plus noire de toutes les ai-gles, 6c qu’elle a une longue queue. Tout cela est auífi confirmépar Boethus (9). Cette aigle enleve les tortues; Sc, pour les bri-ser, elle a Pindustrie (10) de les jetter de très haut. Ce fut parla chute dune tortue jettée ainsi, que le Poète Eschyle (11) per-dit la vie. On raconte qu’un Oracle lui avoit prédit qu’il fe-roit accablé ce jour-là fous une ruine, 6c que, pour éviter cettedestinée,ilfe tenoitavec sécurité en rase campagne, comme n’ypouvant craindre autre chose que la chute dmciel. La quatrièmeforte d’aigle est celle qu’on nomme percno-ptere (1 z), autrementl’oripelarge(i 3). Elle ressemble à un vautour, 6c surpasse les autresaigles en grosseur, quoiqu’elle ait, à proportion, les plus petitesailes. Mais elle est lâche, 6c comme abâtardie; car elle fe 1 aillebattre par le corbeau. De plus, elle est toujours (14) affamée.On l’entend fans celle gronder Sc fe plaindre. Elle est la feuleaigle qui emporte dans son aire des animaux morts. Les autresefpeces dévorent fur le lieu même le gibier quelles tuent. C’estpar opposition à cette aigle bâtarde qu’on a donné le nom de lé-gitime (15) à la cinquième efpece d’aigle, comme étant la feuled’une origine pure. C’est un oiseau de moyenne grandeur, decouleur rousseâtre, 6c qu’on volt rarement. Enfin l’aigle de mer ( 16)forme la derniere efpece. Elle a la vue très pénétrante. Elle febalance en Pair; 6c lorfqu’elle apperçoit dans l’eau un poiíïon, ellefond dessus avec impétuosité, écarte Peau avec fa poitrine, lesaisit, 6c l’emporte.

L’aigle que nous avons placée dans la troisième classe , atta-que fur les étangs les oiseaux aquatiques. Ceux-ci, pour fe ga-rantir, plongent de tems en tems, jufqu’à ce qu’enfin, abattusde lassitude 6C de sommeil, l’aigle les enleve. C’est un combat cu-rieux. L’oifeau poursuivi fe réfugie vers le rivage, fur-tout s’ily a des roseaux épais. -L’aigle tâche de le débusquer de là, en