HISTOIRE NATURELLE, LI V. X. Z 5
regardent comme d’un bon augure (4). On observe que depuis (5 )le lever de l’Ar&ure jufqu’à l’arrivée des hirondelles, elle paroîtrarement dans les bois 8c temples consacrés à Minerve, 8c ja-mais en certains endroits, comme à Athènes (6). C’est le seul oi-seau qui continue (7) de nourrir ses petits quelque tems encoreAprès qu’ils ont pris leur parfait essor. Elle est d’un très mauvaisaugure quand ellè niche, c’est-à-dire après le solstice.
Tous les autres oiseaux du même genre (8) se hâtent de chas-ser leurs petits hors du nid, 8c les contraignent à voler de bonneheure. Autant en font les corbeaux, quoiqu’ils ne vivent pas uni-quement de chair. Ils chassent même leurs petits très loin. Aushne voit-on pas plus de deux paires de corbeaux (9) dans chaquebourgade. Autour de Cranon, en Thessalie, on n’en volt jamaisqu’une paire (10); 8c dans ce canton , les pere & mere cedentla place à leurs petits. Au reste, il y a plusieurs différences en-tre le corbeau 8c la corneille. Les corbeaux engendrent avant lesolstice j ils font malades pendant soixante jours, souffrant prin-cipalement de la soif ( 11 ), avant que les figues d’auromne soientmûres. Or c’est à cette époque feulement que commence la maladiedes corneilles. Les corbeaux pondent ordinairement (iz) cinqœufs. Le vulgaire croit qu’ils les font par (13) la bouche, 8cqu’ils s’accouplent par le bec; que, par cette raison , fi une femmeenceinte mange un œuf de corbeau, elle rend son fruit par labouche; 8c que s’il y a un œuf de corbeau dans l’pndroit, elleaccouche très difficilement (14). Aristote fi 5) nie s 16) expressë-
tosthenes , ìn Katajlerìsmis. Pline rs- endroit, ne laisse pas de répéter ceparlera de cette soif des corbeaux , li- conte de bonne femme au 1. 30, çha-vte 19 , fut la tin du ch. 3. pitre 11.
( 1 z) Aristote, Hist. Anim. ch. 40 , (15) Aristote, ïhid. ,
1 . 9. (16) Aristote nie cela contre le sen-
(13) Conte puérile, réfuté par Aris- timent des Egyptiens, au moins poW
tote', de gener, anim. livre z, chapi- ce qui regarde l’ibis. Elìen,Hist. Anim.t£ e 6. 1. 1 o, ch. 2.9 , attribue auffi aux Egyp-
(14) Pline, qui met sagement ceci tiens cette assertion ridicule. Voyez
au rang des préjugés vulgaires en cet pareillement Solin, ch. 3 2• )
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