HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. iyf
au milieu de Tacte del’accouplement, & restent long-tems atta-chés ensemble malgré eux. Chez la plupart des animaux doncnous venons de parler, les femelles se présentent les premieres:parmi les autres animaux, ce font les mâles. Les ours, ainsi quenous l’avons (15) déja fait observer, s’accouplent étant couchéstous deux, comme (1 6 ) l’homme & la femme; les hérissonsétant tous deux debout, Lc se tenant embrassés ; les chats, lemâle étant debout, & la femelle couchée; les renards, étantcouchés (17) fur le côté, & la femelle embrassant le mâle.Les vaches ni les biches ne peuvent soutenir la violence de Tas-sant de leurs mâles :c’est pourquoi elles marchent (18) dans letems même quelles conçoivent ( 19). Les cerfs vont à d’autres (20)biches, & ensuite reviennent aux premieres. Les lézards (21)s’entortillent en pariant, comme font les animaux fans pieds.
Au reste, plus les animaux font grands, moins ils font fé-conds. Les éléphants (22), les chameaux (13), les chevaux (24)ne font qu’un poulain. Le chardonneret (25) , qui est un trèspetit oiseau , fait jufqu’à douze petits. Les animaux qui en fontle plus, fe délivrent le plus promptement. Plus un animal estde grosse efpece, plus il est de tems à fe former dans le ventrede fa mere ; Lc ceux qui font d’espece à vivre long-tems, cou-rent aussi à la mere une plus longue gestation. L’animal n’estpoint propre à engendrer son semblable qu’il n’ait acquis fa (2 6 )croissance. Ceux qui ont Tongie d’une feule piece, ne font (27)qu’un petit; ceux qui l’ont de deux pieces, en font deux: ceuxqui ont le pied partagé en plusieurs doigts , en font un plusgrand nombre. Les deux premieres fortes d’animaux font leurspetits parfaits ; les derniers les font imparfaits, comme les lionnes
que le coq est en état d’engendrer àquatre ou cinq mois ; tems auquel il estfort éloigné d’avoir pris toute fa crois-sance. Nous voyons auíìi des jeunesgens croître encore de plusieurs pou-ces âpres avoir donné les premieres
preuves de virilité. II faut auffi excep-ter de la regie établie par Pline le cro-codile , qui cróît, dit-il, toute fa vie.
(27) Consultez la cause de ces dif-férences chez Albert le Grand , deArum. Traité 2,1. 18, ch. 5, p. 5 2.0.