HISTOIRE NATURELLE, L I V» XI. 34J
arme , chez tous les animaux qui l’ont, tient aux os (57), ex-cepté chez les cerfs, dont le bois ne tient qu à la peau.
La Nature adonné aux poissons (y8) une tête fort grosse àproportion de leur corps, peut-être afin qu ils pussent plus aisé-ment gagner ( 5 9) le fond. Les huîtres (60) n’ont point de tête, nonplus que les éponges (61 j, & presque tous les animaux qui n’ontd’autre sens que le toucher. Quelques-uns, comme le cancre,11’ont aucune articulation (62.) qui sépare la tête du corps.
De tous les animaux, l'homme (6z), tant maie que femelle ,est celui qui a Je plus de poils à la tête, comme on peut le re-marquer chez les peuples qui laissent croître leur chevelure. C’estdelà que les habitants(64)des Alpes ont été nommés Chevelus:la Gaule (65) Chevelue tire auffi de là fa dénomination. II y anéanmoins quelque différence dans la crue du poil, selon lespays; & même les habitants de Piste Mycone naissent fans che-veux (66), comme ceux de la ville de Caune naissent affectésde la rate (67). II y a auffi des animaux qui ont naturellementla tête chauve; de ce nombre font les autruches (68) & les cor-morans (69). Ces derniers tirent de là le nom phalacrocorace,©u corbeaux chauves, que les Grecs leur donnent. II est rareque les femmes (70) deviennent chauves : on n’a jamais vu (71)
qu’à Caune, ville de Carie, régnoisun air mal-sain, ce qui la faisoit nom-mer la ville mal-saine ; 8 c qu’on disoitcommunément que les morts s’y pro-menoient parcequ’on y rencontroitdes gens hâves 8 c pâles, qu’on auroitpu prendre pour des déterrés ; ce quiest la couleur des personnes affectéesde la rate : autorité qui fait voir qu’iln’y arien à changer à la leçon in Caunolicnqfì , que présentent tous les ma-nuscrits de Pline, & en place de la-quelle quelques Critiques ont substi-tue témérairement ïn Cauno piloji.
(£8) J ai traité de l’autruche à l’en-
TomelF~.
trée du dixieme livre, note 1.
• (69) J’ai traire de ces oiseaux, li-vre 10 , ch. 48 , note 8.
(70) Albert le Grand, I. 19, deAnim. Traité 2 , ch. 6, p. 533 , ditn’avoír rencontré, dans toute fa vie ,que deux femmes chauves. Pline, ansurplus, va convenir iui-même, versla hn du chap. 3 9, qu’il se trouve desfemmes à qui les cheveux tombent.Consultez Aristote, de gener, anim. li-vre 5 , ch. 3 , p. 1141.
(71) Aristote, Hijl. Anim. 1 .3 , cha-pitre 10, p. 3 44. Ce même Auteur en
Xx