HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. VJH» ■ ■ - - — ■ ' --— - - - —- -
rejettée dans la fosse d’où elle a été tirée, en remplisse toute lacapacité; de sorte qu’il est impossible par-la de connoître lì uneterre est sorte ou lcgere. De plus, il n’y en a point qui ne rouille (16)le soc qui l’a remuée. On ne sauroit non plus connoître (17) à labalance la pesanteur ou la légéreté d’une terre ; car commentdéterminer le poids absolu quelle doit avoir ? Un te r rein amassépar le débordement des rivières n’est pas toujours bon; car il y ades plants qui vieillissent bientôt dans seau, Sc le terroir méme quel’on juge amélioré par Falluvion, ne conserve pas long-tems ( 18) cettequalité convenable, excepté pour le saule ( r 51). Un des signes d’un bonterroir, c’est la grosseur des chaumes qu’il produit, comme ceux dufameux pays de Labour en Campanie, lesquels sont si gros Sc sibien nourris, que les habitants de ce canton s’en servent au lieude bois. Mais aussi ce terroir est par-tout si difficile à labourer Scà cultiver, qu’il donne plus de fatigue par-la au cultivateur, quepar tous les défauts qu’il pourroit avoir. On croit que les terresqui brûlent les racines des plantes peuvent être corrigées si l’ony met (2.0) du plant de vigne maigre. II y a des Auteurs qui estimentcelles où il y a du tuf (n), qui est une sorte de pierre molle & friable.Virgile pense qu’un terroir où il croît de la fougere, est bon (21)pour la vigne. Les terres salées (23) valent mieux que les autres pourplusieurs sortes de plants, parcequ’ils craignent moins les insectesqui naistent dans les autres terres. Les coteaux ne sont pas à mépri-
vitium per asiate m refrigerare , succum-que retinere? qua res alendo surculosunt accommodatissima.
(22) Voici ce qu’il en dit , ibid.
Qui filicem curvis invisam pascit aratris,
Hic tibi praîvalidas olim, multoque fluentesSufficiet Baccho vites : hic fertilis uva ,
Hic laticis, &c.
(23) Columelle blâme fort cetteforte de terre pour la vigne, livre 3 ,chapitre premier. C’est austi l’avis deVirgile , qui la blâme même pour
toute efpece d’arbre fruitier :
Salsa autem tellus , & qu» perhibetur amara,Frugibus infelix : ea nec mansuescit arando ;
Nec Baccho genus aut pomis sua nomina servat.
Cependant Pline convient , liv. 13,que le palmier prospere dans un ter-rei n salé ; ce qu’il confirmera austi ,tant à l’égard du palmier que du len-tifque, au chap. 28 du livre actuel.Theophraste, de Causìs liv. 2, cha-pitre 7 , p. 240 j range dans la mêmeexception beaucoup d’autres efpeces.Voyez austi l’Auteur des Géoponiq.liv. 2, chap. p, p. 48.